Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 08:34

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/grandes110/7/0/7/9782020297707.gifMarco Polo raconte à l'Empereur mongol, Kublai Khan, ses voyages, et décrit plus particulièrement les villes qu'il a visitées. A travers les rapides évocations de tous ses lieux, il dessine un portrait de la ville qu'il rêve, mélange de toutes ses villes, réelles ou imaginaires, dressées au dessus d'un ravin ou sous terre. Cinquante-cinq lieux, qui font l'admiration de l'Empereur.


Chaque ville est présentée en quelques pages, rapidement, chacune avec ses spécificités et son nom évoquant bien d'autres choses que des villes. Certaines sont féériques, architecturalement impressionnantes, d'autres renvoient leurs habitants à leurs peurs, comme cette ville où les rats prennent peu à peu le pouvoir. Marco Polo classe les villes en onze catégories, comprenant chacune cinq lieux : les villes et le ciel, les villes et le désir, les villes cachées,... Le lecteur navigue entre toutes ces villes, parfois avec frisson ou étonnement, mais malheureusement le plus souvent avec une certaine indifférence. Car l'accumulation des lieux fait qu'on se perd un peu dans cette liste, qu'on a du mal à y trouver un fil commun. Quelques fulgurances, certes, qui interpellent, comme cette ville qui représente à la perfection le ciel étoilé ou cette autre qui s'élance vers le ciel, avec ses tuyaux et robinets ouverts.


Alors, les passages intercalés évoquant les discussions entre Marco Polo et l'Empereur prennent de l'importance, car ce sont eux qui font les liens. Kublai Khan interroge Polo, pour savoir si ce qu'il raconte est véridique, ou pour vérifier que la ville qu'il rêve a déjà été visité par le voyageur vénitien. Par petites touches, on sent que la réflexion de Calvino prend forme, et on en vient à se demander si cet échange, perdu parmi toutes ses descriptions urbaines, n'aurait pas eu plus de force s'il avait été mis à part.


Bref, quelques moments intéressants, mais un ensemble qui ne m'a emporté, loin de là.


Nouveau maillon de la chaîne des livres (cela faisait longtemps !) proposé par Chimère.

Les avis de
Restling, Yoshi73, Pascale, Leiloona, Emeraude 

 

Les villes invisibles, d'Italo Calvino

Traduit de l'italien par Jean Thibaudeau

Ed. Points

Partager cet article

Repost 0

commentaires

zarline 11/02/2010 17:31


J'ai dû lire plusieurs ouvrages de cet auteur en cours d'italien mais impossible de me rappeler lesquels. Je les avais trouvé dans l'ensemble très ennuyeux et je ne pense pas retenter ma chance
avec ce recueil.


Yohan 16/02/2010 21:52


C'était pour ma part une découverte de Calvino, mais plusieurs autres volumes m'attendent dans ma bibliothèque...


Stephie 10/02/2010 23:33


Peut-être aurais-je aimé qu'elle s'affirme davantage en tant que femme qui avait refusé, notamment par son métier, d'être une femme soumise.


Yohan 16/02/2010 21:48


Merci pour ces précisions. Je comprends ta retenue, même si je ne la partage pas totalement ;-)


Stephie 08/02/2010 14:45


Hum... bon, on verra. Un maillon de la chaîne sur mon blog demain ;)


Yohan 10/02/2010 17:20


Une telle déception pour Harraga ? Cela me surprend, et j'avoue ne pas bien comprendre ce que tu reproches à ce personnage de femme médecin. Enfin, je verrai quand tu auras celui-ci dans les mains
!


BlueGrey 08/02/2010 11:57


"Les villes invisibles" est un livre étrange, entre fiction et recueil de poésie, mais pour moi non plus l'élégance de l'écriture de Calvino n'a pas suffit pas pour maintenir mon intérêt. J'ai
trouvé le procédé narratif répétitif et lassant... Toutefois, dans l'ensemble de ces villes, on en trouve toujours une qui nous touche plus particulièrement...


Yohan 10/02/2010 17:20


Répétitif et lassant, c'est vrai. Bien entendu, il en restera toujours une, de villes, pour trotter dans la mémoire. Mais je trouve que ce recueil ne tient pas vraiment la longueur.