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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 19:34

Aller à l'opéra est toujours un moment que je trouve merveilleux. Même si certaines oeuvres (Woyzzeck) ou mises en scène (Tosca) sont moins enthousiasmantes que d'autres (Eugème Onéguine, Carmen), je ressors toujours très satisfait d'avoir assisté à ce type de performance musicale, vocale et scénographique. Et avec Les noces de Figaro présentées à l'opéra Bastille, dans la mise en scène de Giorgio Strehler, je n'ai pas été déçu.

 

L'opéra de Mozart, avec un livret signé Da Ponte, est très proche de la pièce de Beaumarchais. Les éléments qui jalonnent les deux intrigues sont exactement identiques, et les rebondissements apparaissent aux mêmes moments. On retrouve ainsi la scène où Chérubin se cache dans le fauteuil pour échapper au Comte, alors que lui même se cache. Mais aussi la scène du ruban, celle du saut par la fenêtre, et les intrigues pour confondre le Comte qui tente de faire valoir le droit de cuissage sur Suzanne, la promise de Figaro. Mais aussi les rebondissements, en particulier concernant les parents de Figaro. Le tout dans une ambiance enlevée, et avec un humour constamment présent.

 

L'intrigue reprend donc les personnages du Barbier de Séville, quelques années après. Alors que le Comte, amoureux transi, est dans cette dernière l'objet de notre empathie face au sinistre Bartholo, il est ici un sale type, usant de son pouvoir dominant de mâle et de maître, mais son but sera déjoué (toute analogie avec une affaire actuelle est donc injustifiée).

 

Le grand morceau de bravoure de cet opéra se situe au deuxième acte. Dans la chambre de la Comtesse, Chérubin se déguise avant de se réfugier dans un vestiaire, car le Comte le cherche. Il parviendra à lui échapper en sautant par la fenêtre, Figaro le couvrant. Tous les personnages apparaissent dans cet acte, de la Comtesse qu'on aperçoit pour la première fois, au jardinier saoûl, très drôle. Le rythme enlevé, la musique et les chants presque sans discontinuer, sans réciitatifs, entraînent le spectateur dans l'ambiance effrénée de cette folle journée (tel que le dit le sous-titre de la pièce de Beaumarchais).

 

Pour le reste, l'ensemble est plus qu'agréable, mais n'atteint pas la force de ce deuxième acte. La distribution vocale était, de mon point de vue de néophyte, très bonne (pour un jugement plus expert, je vous envoie chez Joël). Bref, une nouvelle expérience totalement réussie à l'opéra !

 

Autre opéra de Mozart : Idomeneo

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commentaires

Joël 30/05/2011 20:50



Moi, c'est le quatrième acte que j'ai trouvé le plus marquant.
(Et puis, j'aime aussi les récitatifs ! sans doute moins immédiats à apprécier, mais quand les chanteurs y accordent autant de soin qu'aux airs, c'est presque plus intéressant.)



Yohan 01/06/2011 22:47



Dans le quatrième, je trouve que l'intrugue est tout de même très alambiquée (mais chez Beaucmarchais, c'est pareil). Je crois que c'est cela qui me freine sur la fin de la pièce.


Pour les récitatifs, je crois qu'il me faut encore un peu de bouteille pour les apprécier à leur juste mesure.