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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 15:58

Eldorado, le précédent film de Bouli Lannersles-geants.jpg, m'avait marqué par la capacité du réalisateur à faire croire que ce road-movie belge se situe dans un no man's land du grand nord américain. Dans Les Géants, cette capacité m'a une nouvelle marquée, mais avec cette fois un sujet que j'ai trouvé beaucoup plus âpre et noir.

 

Les héros, ce sont trois enfants. Deux frères, Zach et Seth, vivent dans la maison de leur grand-père récemment décédé. Du haut de leurs treize ans et demi et quinze ans, ils empruntent la voiture du grand-père, et rencontrent sur la route Danny, jeune garçon de leur âge, qui essaie d'échapper à son frère violent qui sert de gardien au truand local. Peu à peu dépossédé de tous leurs biens, les trois garçons tentent de trouver un toit, mais doivent faire face à l'adversité, celle du climat, celle des truands ou celle de leur naïveté.

 

Si la séance à laquelle j'ai assisté a été un peu perturbée par deux spectateurs émêchés et évacués en cours de film, j'ai été happé par ce film. Happé une nouvelle fois par les paysages montrés par Bouli Lanners, cette Belgique wallonne vallonnée et forestière qui fait penser au Canada du grand Nord. Des paysages très bien utilisés, comme lors de cette incursion en voiture dans un champ de maïs, ou ce plan final juste au dessus de la rivière.

 

Happé aussi par la tension qui émane de cette histoire. Ces trois gamins ont grandi trop vite, abandonnés par les adultes qui ne sont que des dangers (hormis cette femme qui les accueille dans son antre). Mais ils n'ont pas les armes pour faire face à l'adversité qui leur tombe dessus. On passe alors de scènes douloureuses, où ils perdent tout (la vente de la maison, l'arrivée des déménageurs russes) à d'autres plus drôles (l'ingestion à haute dose de harissa pour assouvir des besoins adolescents, le squatt d'une maison de campagne où ils testent tous les produits àà leur disposition). Mais la drôlerie qui pourrait naître est neutralisée par la crainte de ce qui peut arriver à ces garçons, et si le sourire naît parfois de leurs plaisanteries, il se transforme en regard pathétique, compatissant pour ces enfants qu'on imagine sans avenir.

 

Un beau film, qui confirme les talents de réalisateur de Bouli Lanners, mais qui n'est pas très agréable. Film avec des ados (excellents acteurs, comme tous ceux du film), mais qui n'est pas à mettre devant les yeux de tous les enfants.

 

Autre film de Bouli Lanners : Eldorado

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commentaires

Pascal Djemaa 14/11/2011 11:58



Bonne semaine, merci pour cette critique, Pascal, journaliste.