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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 21:34

desarrois-de-l-eleve-torless-copie-1.pngRobert Musil, auteur autrichien contemporain de Zweig, a laissé deux grands ouvrages. Les désarrois de l'élève Törless est son premier roman, et l'oeuvre qui l'a révélé. Quant au second, L'homme sans qualités, il y a passé trente ans sans parvenir à le terminer. Pour aborder l'oeuvre de Musil, j'ai donc commencé par le commencement.

 

Les désarrois de l'élève Törless raconte les mésaventures de Törless, jeune autrichien, dans un internat huppé du pays. Mis là par ses parents fonctionnaires qui ont beaucoup d'espoir pour lui, il fait les découvertes de tout adolescent, mais dans un cadre austère et souvent hostile : l'adversité, l'admiration pour un professeur, la plongée maniaque dans une matière qu'on estime essentielle. Mais il fait la connaissance de matières très peu scolaires : les émois, hétéro comme homosexuels, mais aussi le sentiment de domination, et celui de honte. Comme entraîné par deux camarades, Reiting et Beineberg, la vie de Törless à l'internat prend des chemins très aventureux.

 

Musil signe avec son premier ouvrage un véritable roman d'apprentissage. On y retrouve non seulement la séparation d'avec les parents et la découverte d'un monde inconnu, mais aussi tous les doutes qui assaillent le jeune homme dans cette école a priori très austère. Si les premières aventures se font à l'extérieur, à l'étage d'une auberge avec une jeune fille, ce sont très vite le grenier et les moindres recoins de l'internat qui deviennent les lieux de jeu de Törless. En particulier cette petite pièce sous les combles, tendues de tapisseries, où les trois amis se livrent à tous les jeux, y compris les plus barbares.

 

L'autre force du roman est la très belle écriture du traducteur, Philippe Jaccottet. Pas question ici de juger de la fidélité à l'ouvrage initial, même si on peut penser que Musil n'est pas manchot dans ce domaine. L'écriture est soignée, recherchée, poétique, et nous emmène dans les méandres qu'on peut penser être ceux de l'esprit de Törless. Une plongée parfois exigeante mais souvent exaltante dans cette oeuvre de jeunesse qui lui d'être un brouillon, est une grande oeuvre littéraire.

 

L'avis de Thom (dans son ancien bar-tabac-PMU culturel)

 

Les désarrois de l'élève Törless, de Robert Musil

Traduit de l'allemand par Philippe Jaccottet

Ed. Points

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commentaires

dasola 12/03/2011 14:34



Bonjour Yohan, je n'ai pas encore réussi à lire "L'homme sans qualité" et je n'ai pas essayé Les désarrois. Je compte bien le faire un jour. J'avais vu en son temps l'adaptation cinéma de V
Schlondorff avec Mathieu Carrière. Il faudrait que je le revois. C'était bien. Bonne journée.



Yohan 13/03/2011 14:05



Pour l'homme sans qualités, je compte le lire un jour également. Je n'ai pas vu le film de Schlöndorff, bien que ce soit un réalisateur que j'apprécie. Bonne journée à toi !



Thom 08/03/2011 10:05



Ah mais non, on trouve aussi mon avis dans le nouveau bar PMU : http://www.legolb.com/2009/04/anti-roman-initiatique.html (de toute façon à terme, on trouvera tout là-bas... mais c'est un travail
de fourmi que de tout recoller).


 


Sinon je suis ravi que ça t'ait plu. Musil est un sacré auteur, parfois assez effrayat tant ses ouvrages sont monumentaux.



Yohan 13/03/2011 13:53



Merci pour le lien dans ton nouveau bar-PMU (désolé d'avoir ajouté Tabac par erreur, je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça ;-)


Pour Musil, je vais attendre un peu avant de découvrir l'homme sans qualités, mais je sais que j'y viendrai !