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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 07:27

les amours imaginairesFrancis et Marie sont jeunes et amis. Lors d'une soirée, ils font la rencontre de Nicolas, dont ils tombent tous les deux amoureux. Nicolas, en revanche, n'en aime aucun des deux. C'est cette histoire d'amour impossible que nous propose le jeune Xavier Dolan, qui incarne Francis dans le film. 

 

Me voici bien embêté pour parler du film. J'aimerai en dire du bien, car je suis convaincu que Dolan sait utiliser une caméra, qu'il connaît très bien le monde du cinéma, vu le nombre de références présentes dans le film (Hitchcock, Wong Kar Waï,...). Pourtant, j'ai eu l'impression d'assister à un exercice de style loin d'être réussi, car imprégné de trop d'artifices cinématographiques. L'usage abusif de ralentis, de filtres de couleur, mais aussi des changements de cadre lors des entretiens en face à face qui ponctuent le film, sont un signe trop évident que Dolan a voulu montrer qu'il savait faire. Or, quand le faire devient trop flagrant, le film perd de sa force.

 

Je crois que mon problème est d'avoir attendu un film réaliste sur une situation qui pourrait bien se produire. Le terme "Imaginaires" du titre avait pour moi le sens d'impossible, avec un amour non réciproque. Mais en sortant, et en y réfléchissant, je pense que ce film est une grande histoire abstraite et désincarnée sur un prototype de relation amoureuse. Le film gagne alors en crédibilité, mais n'emporte toutefois pas mon adhésion.

 

Alors, pourquoi une histoire abstraite ? Parce que les trois personnages, Francis, Marie ou Nicolas, n'ont à aucun moment des réactions réalistes. Les histoires d'amour font souvent surgir l'irrationnel, mais ici, il est poussé à l'extrême. Dans la vie, Francis et Marie sont amis, sauf qu'ils n'abordent jamais ensemble leur relation à Nicolas, et ne se comportent jamais comme des amis. Leur bataille dans la forêt, leur réconciliation finale et la chute du dernier plan vont dans ce sens : incapables de retenir la leçon de cette histoire, ils replongent aussi sec. L'élément déterminant qui me fait pencher pour cette version est d'avoir vu Marie avec son 43eme costume à la fin du film. Cette diversité de la garde-robe, seul élément tangible de la vie des protagonistes dont on ne sait strictement rien (ah si, Marie doit travailler un dimanche, mais on ne sait pas où) me fait irrémédiablement pencher pour une version onirique de l'histoire d'amour.

 

Je pense que ceci est d'autant plus vrai que Dolan incruste à plusieurs moments des témoignagnes de personnes ayant vécu des ruptures amoureuses délicates, qui sont en décalage complet avec l'histoire des trois jeunes amis. Voilà donc un film dont je suis sorti très partagé, et auquel je trouve toujours plus de défauts et de scories dans la fabrication que de qualité dans la narration ou la construction. Les acteurs ne sont pas en cause (Niels Schneider, Xavier Dolan ou Monia Chokri), même si les multiples ralentis ne mettent pas en évidence la subtilité de leur jeu. Je vous conseille tout de même de vous faire une idée, car le film ne laisse pas indifférent, mais je crains que ce qui plaît à ceux qui aiment soit ce que je reproche au film. Comme souvent.

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commentaires

Karine:) 31/10/2010 17:23



De Dolan, j'ai préféré J'ai tué ma mère.  J'ai eu une sensation de "trop" avec ce film.  Faut dire que c'est un personnage!!



Yohan 02/11/2010 18:06



Pour un personnage, c'est un personnage, en effet ! Pas vu son premier long métrage, dont beaucoup de bien fut dit. Mais pour celui-ci, le mot "trop " est effectivement approprié !



Laetitia BERANGER 29/10/2010 09:54



Tiens, je me demande si je ne vais pas y retourner ce soir, ce mini débat me donne furieusement envie de revoir le film ! En plus, la version projetée à Cabourg était sans sous-titre et je pense
être passée à côté de pas mal de choses dans les parties témoignages !



Yohan 02/11/2010 18:05



Justement, je trouve le décalage entre ces témoignages et l'intrigue assez fort, et du coup, je ne comprends pourquoi il a choisi de fantasmer ainsi les relations entre Fancis, Marie et Nicolas.
Bref, on ne sera pas d'accord, et c'est très bien ainsi !



Laetitia BERANGER 29/10/2010 09:41



Aaaaah voici le grand retour de nos désaccords !! Je ne comprends absolument pas ce qui a pu te faire cogiter ainsi et chercher du rationnel là-dedans ;-) Les amours
imaginaires représentent pour moi toute la part de fantasme, d'excès, de doute, de désir liés au sentiment amoureux. L'interpêtation des gestes, les théories élaborées pour se convaincre que
l'autre ressent ça, lui aussi ! Et le film avec entre autre, ses ralentis (qui t'ont autant déplu qu'à certains messieurs masque et mesdames plume !) saisit merveilleusement bien ces instants. Je
l'ai vu à Cabourg en juin alors il faudrait que j'y retourne pour mieux en débattre mais ce qui est sûr, c'est que je me jetterai sur le DVD à sa sortie car c'est le genre de film que
j'aurais plaisir à revoir souvent tant je m'y suis sentie dans mon élément ;-) 



Yohan 02/11/2010 18:01



Je n'ai rien contre l'irrationnel amoureux, qui ne me pose aucun problème (oui, toutes ces questions pour avoir si elle m'a plus regardé que l'autre,...). Malheureusement, je trouve le propos
trop abstrait : ce qui se passe dans ce film n'a aucune attache, ni sociale, ni historique. Pourtant, je trouve qu'il aurait plus fort de décrire ces atermoiements dans une ambiance réaliste.
ici, tout cela donne l'impression d'un rêve, presque d'un fantasme, avec ces innombrables ralentis... alors que ce qui est décrit peut exister. Ce n'est donc pas le rationnel que j'ai cherché,
mais la vraisemblance. Et elle m'a vraiment fait défaut !