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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 18:50

voleurs-de-manhattan.jpgIan Minot travaille dans un café de Manhattan. Son rêve : se faire repérer par un éditeur et être publié. Il a envie d'un parcours similaire à celui d'Anya, son amie d'origine roumaine, qui a réussi à se faire remarquer lors d'une lecture dans une soirée littéraire. Mais Ian sent bien que son avenir en tant qu'écrivain est bouché, et seul l'intervention d'un des clients du café, Jed Roth, lui ouvre des portes insoupçonnées. Il propose à Ian de sortir un roman sous son propre nom, alors que c'est Roth qui l'a écrit. Mieux, Roth propose à Ian de faire croire que ce qui est à l'origine un roman est en fait un recueil de mémoires. Mais le piège machiavélique raconté dans ces soi-disant mémoires a des conséquences insoupçonnées sur la vie paisible de Ian.

 

Ce premier roman signé Adam Langer est une belle réussite. L'auteur a réussi à mêler dans un même ouvrage chroniques de la vie éditoriale de Manhattan, récit d'aventures et grand roman sur les frontières de la réalité et de la fiction, tout cela avec beaucoup d'humour. En effet, tout débute par les tribulations d'un écrivain volontaire mais sans appui. On découvre tous les rites de la vie des faiseurs de littérature, comme ces soirées de lecture dans les cafés où tout le gratin se retrouve. Ian est un peu dépassé et la seule fois où il parvient à obtenir une place, il n'y a personne car c'est jour de fête pour les juifs, nombreux dans le monde de l'édition. Ian Minot est un loser littéraire et endosse ce rôle pendant le premier tiers du roman (intitulé Réalité).

 

Puis Minot bascule. Roth parvient à le convaincre d'entrer dans sa combine et le lecteur tombe alors dans le piège de l'auteur. En effet, on se retrouve à lire un roman intitulé Les voleurs de Manhattan, dans lequel Ian Minot prétend faussement avoir écrit ... Les voleurs de Manhattan. L'intrigue de ce roman dans le roman (et que Ian Minot présente comme ses mémoires) est celui d'une grande mystification, celle du vol d'un manuscrit rarissime (Le dit de Gengi) pour faire la cour à une jeune fille aperçue dans une bibliothèque. Les personnages secondaires, un bibliothécaire recéleur et une experte vieille fille, sont hauts en couleur, et Ian se prend d'amitié pour ces personnages de fiction qu'il est censé avoir rencontré.

 

La troisième partie parvient de manière habile à mêler l'univers réel de la première partie et la fiction relatée dans la deuxième. Je n'en dirai pas plus sur cette partie, car c'est un vrai plaisir de plonger dans cette histoire pleine de rebondissements, dignes des plus grands ouvrages d'aventure. Si l'intrigue résumée ainsi paraît complexe, une des forces d'Adam Langer est de rendre tout cela assez fluide, et le lecteur, pris entre fiction, réalité et fausses mémoires, parvient toujours à retomber sur ses pattes.

 

Au niveau de l'écriture, Adam Langer se fait plaisir en introduisant dans le texte de nombreuses références littéraires. Il détourne dans les titres de ses chapitres des titres de romans qui ont, de près ou de loin, à voir avec des mensonges littéraires, sur le nom de l'auteur ou sur l'histoire racontée. Dans le texte, il remplace de nombreux mots par des allusions littéraires. Par exemple, un débardeur blanc devient un kowalski, comme dans Un tramway nommé désir,  et un chien errant un saramago. Si vous ne comprenez pas toutes les allusions, pas de panique, l'éditeur, Gallmeister, a eu la bonne idée de faire figurer un lexique de ces détournements en fin d'ouvrage. Un ouvrage que je vous conseille chaudement.

 

L'avis d'Emeraude, Constance, Thierry et tous mes remerciements à Newsbook, qui m'a permis de lire ce roman dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Gallmeister.

 

Les voleurs de Manhattan d'Adam Langer

Traduit de l'anglais par Laura Derajinski

Ed. Gallmeister

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commentaires

constance93 15/02/2012 00:56


c'est un livre que j'ai moi aussi beaucoup aimé. sa construction est bien menée en effet : on a presque l'impression de voir trois livres dans un entre la réalité (un peu caricaturale tout de
même), la fiction, et la fiction qui rattrape la réalité. j'ai beaucoup aimé la deuxième partie, cet exercice de réécriture dans le seul but de contrefaire une oeuvre, et en même temps, il se
joue beaucoup plus : l'écriture à quatre mains, les enjeux d'un texte, intrigue ou personnages (mais un roman ne se réduit-il qu'à ça ?)...il n'empêche qu'elle ne serait rien sans les deux
autres, c'est l'ensemble du récit qui nous séduit par les liens qui se mettent en place entre les trois grandes parties et par sa variété (on ne sait plus si on est dans un roman
nombrilo-intimiste ou un récit d'aventure, ou encore quelque chose qui relèverait du fantastique).


dans tous les cas, c'est un chouette partenariat organisé par NewsBook, je suis contente d'avoir été sélectionnée.

Yohan 20/02/2012 12:14



Le fait de lire trois livres en un est un effet que j'ai également ressenti. Alors que cette construction paraît parfois artificielle, je trouve qu'Adam Langer réussit à rendre tout cela très
fluide, et chaque partie vient renforcer l'autre. Je suis également très content d'avoir pu lire ce roman dans le cadre du partenariat !



kathel 12/02/2012 17:17


Cela semble très intéressant : je note ! 

Yohan 14/02/2012 21:23



Tu fais bien : de nombreux avis sont positifs !



Ys 10/02/2012 23:12


Si je parviens à esquiver habilement quelques taches bien rébarbatives, je devrais réussir à lire ce livre ce week-end, chouette !

Yohan 14/02/2012 21:23



J'espère que tu as eu le temps de le lire, et y avoir pris du plasir !



In Cold Blog 10/02/2012 21:55


Plus que tentant !

Yohan 14/02/2012 21:22



Je confirme que c'est assez agréable à lire !