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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 07:34

http://images.allocine.fr/r_160_214/b_1_cfd7e1/medias/nmedia/18/70/32/34/19154502.jpgTroisième et dernière étape du Festival Télérama, avec la dernière palme d'or de Cannes, Le ruban blanc de Michael Haneke.


Dans un petit village allemand, dirigé par une famille d'aristocrates, d'étranges phénomènes se produisent : le médecin se blesse après une chute de cheval causée par un fil tendu sur le chemin, le plus jeune fils de la famille dirigeante est enlevé pendant plusieurs jours, des dégradations ont lieu dans les champs. Malgré les investigations menées notamment par l'instituteur du village, les faits restent inexpliqués, et les enfants y assistent, aux premières loges.


J'aime bien Haneke, ses films déroutants et désarmants, décrivant les névroses, collectives ou individuelles. Et pourtant, j'ai du mal à parler de son dernier film. Il est très beau, visuellement, avec un noir et blanc très léché. Mais cette chronique d'un petit village de 1913, avec ses rapports de force, ses interdits, son paternalisme ne m'a pas interpellé. J'ai vu ce film avec plaisir, mais sans passion, et quelques jours après, il n'en reste presque rien.


Ah si ! Une scène, très forte, entre le noble (Ulrich Tükür) et sa femme qui lui annonce qu'elle veut le quitter. En quelques minutes, Haneke montre la force des conventions, de la pression des maris et de la soumission des femmes. Et une autre entre le médecin et celle qui lui sert de maîtresse de maison, où les sentiments s'expriment enfin clairement.


Pour le reste, je n'y ai pas nécessairement vu comment le fascisme est né, comment beaucoup ont pu le dire, mais la description d'un village, avec ses habitants plus ou moins torturés, une série d'événements plus ou moins glauques. Rien qui m'ait vraiment interpellé, donc ! Un petit crû, pour moi (mais j'ai l'impression d'être assez seul, sur ce coup-là !).

 

L'avis de Laetitia

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commentaires

Laetitia BERANGER 10/02/2010 10:01


@Yohan : Nous sommes des êtres diablement complexes, il est vrai ;-)


Yohan 10/02/2010 17:21


Diablement, au moins tout ça ;-)


chiffonnette 04/02/2010 20:03


Ce n'est pas un cinéaste que j'apprécie beaucoup et ce que j'en ai entendu dire au moment du festival ne m'a pas convaincue d'aller le voir!


Yohan 10/02/2010 17:19


J'avais essayé de ne pas en savoir trop, car j'aime bien la surprise. Je n'avais pas échappé aux analyses sur "voyez comment est né le nazisme", mais cela n'était pas suffisant pour que je n'aille
pas voir de moi-même.


Titine 04/02/2010 11:56


Non tu n'es pas le seul ! J'ai suis sorti très déçue du "Ruban blanc", je n'ai effectivement pas trouvé que Haneke nous expliquait la montée du fascisme en Allemagne mais juste la violence des
enfants qui répond à celle des adultes. Ce film m'a  fait penser à la première version du "Village des damnés"! Sinon l'esthétique est splendide mais ça ne suffit pas à faire un grand film.


Yohan 10/02/2010 17:17


Oh, je me doutais bien que je n'étais pas seul, c'était une figure de style. N'empêche, la volée de prix qui accompagne le film démontre que je suis passé un peu à côté. enfin, ce ne sera
certainement pas le dernier !!!


Laetitia BERANGER 04/02/2010 11:32


Etrange... je suis assez d'accord avec toi et pourtant, j'en garde un souvenir bien plus fort !

http://laetitiaberanger.over-blog.com/article-ultra-couleur-versus-noir-blanc-38695942.html


Yohan 09/02/2010 22:19


Tu es d'accord et en même temps pas d'accord ! Les relations entre nos impressions deviennent de plus en plus ambigues ;-)


Franck Bellucci 04/02/2010 11:22


Pour ma part, j'ai vu ce film à sa sortie et j'ai été subjugué par ces images qui font penser à des tableaux, par le jeu époustouflant des acteurs, notamment des enfants, par l'austérité râpeuse de
l'ensemble, et surtout par la force contenue du propos, par sa violence sourde. En ce qui me concerne, le film m'a longtemps poursuivi après sa projection et il m'a interrogé. Je pense qu'il ne
faut pas y chercher une seule évocation de la montée du nazisme comme ont voulu le faire certains critiques. Cette approche est réductrice. Le film est bien plus complexe et bien plus ambitieux me
semble-t-il. Il faut sans doute y voir une métaphore de la monstruosité qui siège en chacun de nous, que nous tentons d'étouffer, de contenir par une adhésion à la morale, aux codes sociaux et
familaiux, par une soumission à une idéologie religieuse mais pourtant cette monstruosité ne demande qu'à éclore, qu'à se révéler. Parce qu'il s'agit d'une monstruosité larvée mais menaçante qui
relève de la condition même de l'homme (il y a une résonance pascalienne dans le propos du film) et qui commence donc à germer dès l'enfance. Car en l'enfant siège déjà cette noirceur qui
caractérise l'humain condamné par sa finitude... La vision que le film véhicule de la condition humaine est fondamentalement sombre mais d'une lucidité qui glace.


Yohan 09/02/2010 22:19


Merci FRanck, pour ce commentaire fourni et argumenté. OUi, l'enfance est une période où la distinction entre bien et mal est souvent complexe. Mais j'ai eu du mal à entrer daans ce message.
Peut-être que ce sont les images, le noir et blanc qui m'ont tenu à distance. Bref, je vais attendre un peu avant de le revoir ;-) Merci encore !