Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 22:20

le-probleme.jpgDe François Bégaudeau, j'en étais resté à Entre les murs, version écrite et filmée, après une première expérience réussie avec Jouer juste. Depuis, son personnage médiatique m'avait agacé, homme qui navigue sur les sujets à la mode, partout, tout le temps, avec un avis sur tout. En ce début d'année, il revient, mais avec une production littéraire. Un ouvrage, que je n'ai pas lu mais assez bien reçu, et une pièce de théâtre, jouée en ce moment au théâtre du Rond-Point. Et après avoir vu la pièce, il semble que Bégaudeau se soit assagi pour reprendre en main un vrai travail d'auteur.

 

Dans cette pièce, Bégaudeau adopte une posture réaliste. L'histoire racontée est celle d'une femme, la quarantaine, infirmière, qui décide de quitter le foyer, soit son mari, son fils et sa fille, pour aller vivre avec un chirurgien. C'est le court moment qu'elle passe chez elle pour reprendre ses affaires qu'on découvre. La matin, elle a laissé une lettre expliquant son départ, et son retour est le premier moment avec sa famille après que son mari a découvert la lettre

 

Sur une sujet banal et rebattu, François Bégaudeau signe une oeuvre intéressante, avec des personnages en difficulté face à ce qu'ils vivent. Mais tout cela reste feutré, sans grands éclats de voix. Il faut dire qu'on est dans un milieu aisé : un mari écrivain qui a du mal à écrire, un fils qui tente d'entrer à Normal Sup. Les positions sociales des femmes sont moins intellectuelles, avec une mère infirmière et une jeune fille lycéenne. Il ne faut pas s'attendre à une grande pièce sur un sujet novateur, mais l'ensemble est bien écrit et rythmé comme il faut.

 

Surtout, la mise en scène d'Arnaud Meunier est très efficace. En choisissant un cadre habituel (un intérieur, avec cuisine américaine, un immense canapé et un vélo d'appartement), il plante immédiatement le décor. Il laisse également les personnages se dépatouiller de cette situation complexe. Les silences s'entendent parfaitement et sont très justifiés. Le rythme, avec quelques accélérations notamment liées aux interventions des enfants (avec un dialogue savoureux au téléphone de la plus jeune) est bon. Bref, le cadre définit par le metteur en scène est adéquat.

 

Là dedans, ce sont de très bons acteurs qui prennent place. Pour les parents, la confrontation entre un mari bafoué et incréduble, cynique malgré lui, et une femme qui souhaite s'émanciper est très justement interprétée par Jacques Bonnaffé (un excellent acteur, malheureusement trop méconnu) et Emmanuelle Devos. Pour les enfants, ce sont l'adorable Anaïs Demoustier et Alexandre Lecroc (l'inconnu du casting pour ma part) qui s'y collent. Ils prennent tous place dans cette pièce d'une heure qui est une variation juste sur le thème de la séparation et de l'éclatement du foyer. Voilà qui donne envie de découvrir le dernier roman de Bégaudeau, pour confirmer cette bonne impression.

 

Roman de François Bégaudeau : Entre les murs

Partager cet article

Repost 0

commentaires