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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 12:05

index.jpgC'est un repas de famille, classique. Elisabeth, l'épouse de Pierre, reçoit son frère et son épouse, Vincent et Anna. A ce repas s'ajoute Claude, un ami d'enfance d'Elisabeth et Vincent. Ce repas est l'occasion pour Vincent et Anna de parler du fait qu'ils seront prochainement parents. Arrive sur la table le sujet attendu : le prénom du futur enfant. Vincent surprend tout le monde en l'annonçant, car il est chargé de références historiques très négatives. En effet, appeler son enfant Adolphe peut être source de confusion. A partir de là, le repas prend une direction inattendue, et les invités ne s'épargnent rien.

 

Le prénom est une pièce de facture assez classique, qui joue sur le registre du repas de famille qui tourne au vinaigre. Thème assez commun au théâtre ou au cinéma, que Bacri et Jaoui avaient déjà utilisé de façon magistrale dans Un air de famille. L'un des points forts de la pièce est liée à son rythme. Pas de temps mort ni de coupures (la pièce est en un acte), on sent la tension qui monte et les révélations, distillées au fur et à mesure de la pièce, viennent pimenter le récit de cette chronique familiale.

 

Tout débute sur cette histoire de prénom, qui met en conflit les personnages présents. Alors que l'un, Pierre, est très vindicatif contre le choix de son beau-frère, les autres sont plus dans une tentative de compréhension de ce choix. Si Vincent revendique pour le prénom une filiation littéraire (Benjamin Constant), il n'est en effet pas possible de ne pas penser au dictateur qui a porté ce même nom. C'est ensuite l'occasion pour chacun de raconter ce qu'il a sur le coeur (une relation amoureuse cachée car inhabituelle, les remarques sur le caractère de chacun : la radinerie, l'homosexualité supposée...) et de régler une fois pour toutes les conflits larvés.

 

Pièce plaisante et efficace, qui sera bientôt portée à l'écran (avec comme au théâtre Patrick Bruel, Valérie Benguigui et Guillaume de Tonquédec, et en plus Charles Berling). Pièce qui voit finalement l'attribution d'un prénom qui, s'il est moins polémique que Adolphe, m'interroge toujours : l'enfant portera le même prénom que celui de son grand-père. C'est un choix parfois fait dans les familles de donner à l'enfant le nom d'un parent, plus ou moins proche dans la généalogie. Je trouve cette tradition assez étrange, notamment quand on connaît le poids des relations familiales dans la construction psychologique des enfants. Utiliser un prénom déjà donné, qui renvoie à une image connue par tous les membres de la famille, est un choix qui me surprend toujours car il est loin d'être neutre. Mais fin de la petite digression patronymique, car c'est finalement un détail dans cette pièce, bien écrite et avec quelques phrases bien senties.

 

Le prénom, Matthieu Delaporte & Alexandre de la Patellière

Ed. Avant-Scène, n°1287

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