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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 16:30

bruit des glaconsCharles Faulque est un écrivain renommé en panne d'inspiration. Dans sa villa du Sud, il tente d'écrire, mais son occupation est plus tournée vers la bouteille de vin blanc qui l'accompagne que vers son ordinateur. Un jour, il reçoit une visite inattendue : c'est son cancer, qui souhaite faire plus ample connaissance avec lui. Les deux hommes, le malade et sa maladie, vont donc apprendre à vivre ensemble, sous l'oeil de Louisa, la bonne, qui aura elle aussi de la visite.

 

Je ne connais pas bien le cinéma de Blier, voire presque pas. Hormis Les valseuses (qui date un peu), le bruit des glaçons est seulement le deuxième film que je vois du réalisateur. Et j'ai été assez agréablement surpris de ce que j'ai vu avec son dernier opus.

 

Le postulat de départ est assez osé, car la représentation de la maladie, et peut-être plus encore du cancer, est un sujet toujours délicat. Ici, il n'y a aucun pathos qui se dégage de cette annonce. Il faut dire que le malade, Charles Faulque, n'a rien pour susciter une profonde empathie. Homme solitaire, qui vit avec une jeune russe, il se repose sur sa renommée d'écrivain, mais n'écrit plus rien depuis un moment. C'est certainement une des clés qui fait que ce film n'est pas aussi dérangeant que cela. Car si le personnage de Dujardin avait été plus bonhomme, plus sympathique, son conflit avec la maladie aurait été plus intense, plus complexe. Ici, il accepte dans un premier temps que sa vie est merdique, et le cancer ne semble pas l'affecter outre mesure.

 

Cette sympathie, je l'ai par contre éprouvée pour Louisa, la bonne, solitaire elle aussi et secrètement amoureuse de Monsieur. Anne Alvaro fait ressentir une tendresse, une amitié derrière un masque de froideur qui m'a touché. Et rien que pour sa voix, je ne pourrai pas dire de mal d'Anne Alvaro.

 

Les deux cancers, Myriam Boyer et Albert Dupontel, sont mesquins au possible. Ils font tout pour inquiéter leur malade, menaçant de développer un cancer du pancréas, plus rapide, ou expliquant que la mammographie est trop tardive. Les deux acteurs s'amusent dans ces rôles hors du commun, et leur jubilation funèbre est assez juste pour ne pas être déplacée.

 

Alors, si la pirouette finale finale est un peu facile, Le bruit des glaçons reste un film intéressant sur un sujet difficile. Blier fait également preuve d'une mise en scène assez intéressante, jouant beaucoup sur le montage, très saccadé, et sur les ellipses temporelles. Ce qui ne fait que rajouter au trouble qui prend le spectateur, avant qu'il ne s'abandonne à cette histoire de maladie et d'amour.

 

L'avis de Pascale (que je mets, bien qu'elle n'aime pas Anne Alvaro)

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