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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 07:04

revolution-tunisienne.jpgUn petit regard dans le rétroviseur est parfois intéressant, surtout quand les événements sont tellements forts et rapides qu'il est difficile d'avoir une synthèse précise. Un an après la révolution tunisienne qui a amené le renversement de Ben Ali, je me suis donc plongé dans ce récit signé Olivier Piot. Grand reporter notamment au Monde Diplomatique ou à Géo, l'auteur a passé début janvier 2011 une dizaine de jours en Tunisie, entre le 4 et le 14 janvier. Soit entre le décès de Mohamed Bouazizi, le jeune homme qui s'est immolé fin décembre, et le départ pour l'étranger de Ben Ali, en toute discrétion.

 

Olivier Piot fait le choix de s'enfoncer dans l'arrière pays tunisien. Il quitte la côté touristique (Tunis, Carthage, Tabarka), lieu de vie des classes moyennes, et se rend dans les villes ouvrières du centre :  Gafsa, Tozeur, Sidi Bouzid (là où tout a commencé). Ces villes sont le centre de la contestation, là où les ouvriers des mines de phosphate et les marchands ambulants se mettent les premiers en mouvement. Il est d'ailleurs intéresssant de voir que le mouvement révolutionnaire, qui va toucher tout le pays, prend peu à peu, chacun comprenant que Ben Ali, celui dont il ne faut pas parler en public, ne pourra pas ramener la paix dans le pays. Il est d'ailleurs intéressant de noter quelques signes avant-coureurs, comme ces autres immolations qui ont lieu en Tunisie en 2011.

 

Olivier Piot prend des risques lors de son périple. Il photographie alors qu'il n'a pas le droit et manque de se faire massacrer par la police locale, ne devant son salut qu'à la puissance de sa voiture de location. Il décrit également l'histoire de ce pays, indépendant devient 1956 mais vite mis sous la coupe de Bourguiba puis de Ben Ali, après son coup d'état de 1987.

 

Cette plongée dans ces événement primordiaux pour l'avenir de la Tunisie est intéressante. Si le récit s'arrête en mars 2011, soit dans les premiers temps du nouveau régime, des élections ont eu lieu depuis, menant au pouvoir le parti islamiste Ennahda, se déclarant proche du parti turc au pouvoir, l'AKP. S'il ne faut pas anticiper le pire pour l'avenir politique de la Tunisie, le lecteur comprend facilement, après ce rapide récit et ce survol de l'histoire tunisienne, que le chemin vers la démocratie sera long et les embûches nombreuses. C'est au peuple tunisien de continuer le mouvement d'émancipation débuté il y a un an, et d'être vigilant quant aux orientations qui seront prises.

 

La révolution tunisienne - dix jours qui ébranlèrent le monde arabe d'Olivier Piot

Ed. Les petits matins

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