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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 11:19

La petite Catherine de Heilbronn est une reprise au théâtre de l'Odéon, dans sa seconde salle de la porte de Clichy, d'un spectacle qui a connu un joli succès il y a deux ans. Raté à l'époque, j'ai donc profité de cette seconde chance pour m'y rendre. Malheureusement, j'ai du mal à partager l'enthousiasme critique qui a entouré cette pièce.

Catherine est une jeune fille, qui éprouve un amour mystique pour le Comte Wetter von Strahl. Ce dernier ne comprend ce que lui veut la jeune fille, et tente de se défaire d'elle. Le père de Catherine, qui ne comprend pas l'amour de sa fille pour cet homme, croit au pouvoir démoniaque de Strahl. A l'issue d'un jugement qui ouvre la pièce, avec un monologue un poil pesant du père (Fred Ulysse) et des juges qu'on ne fait qu'entendre, il est décidé que Catherine doit laisser libre Strahl, et le père renoncer à ses accusations.

Mais Strahl a un secret : lors d'une nuit d'agonie où tout le monde a cru qu'il allait mourir, il a vu, en rêve, l'image de la femme qui lui est destinée. Fille de l'Empereur, elle aura sur le cou une tache rouge. Cunégonde, Baronne von Thurneck, femme fatale et ennemi du Comte von Strahl, se fait passer pour cette femme. Mais lorsque la supercherie est découverte par Catherine, qui revient auprès du Comte, l'objectif est alors de prouver que Catherine est bien celle qui lui était destinée.

L'intrigue de cette pièce est à la fois onirique, notamment avec le rêve qui dévoile au Comte les caractéristqiues de sa bien aimée, et mystique. On asssiste donc à une forme de conte, dans lequel on retrouve les personnages de conditions modestes (Catherine et son père), les nobles, la méchante usurpatrice qui cache son âge sous de nombreuses fanfreluches, et l'Empereur, avec un rôle qui semble presque celui d'un démiurge. Mais ce conte n'a eu que peu d'effets sur moi. L'ensemble est lourd, pesant, et surtout, il manque de rythme. Le décor, composé d'éléments qui se déplacent et forment des lieux toujours différents (une église, une salle avec cheminée, un château,...) est une bonne idée, mais la lenteur et le nombre des déplacements casse le rythme de la pièce.

Heureusement, le couple central de la pièce est très intéressant, avec Jérôme Kircher et Julie-Marie Parmentier. Tous les deux font entendre une voix singulière, celle d'une quête qui le hante pour le premier, celle d'un amour qu'il faut arriver à faire entendre pour la seconde. Dans le rôle peu évident de Catherine, Julie-Marie Parmentier est très convaincante, et la présence de ce couple a sauvé ma soirée. Pour le reste, les acteurs sont pas mal, sans plus, sauf Hélène Filières, en Baronne von Thurneck, que j'ai trouvé à côté de son personnage. Non pas en terme de posture, mais en terme d'éloctution. J'ai toujours eu l'impression qu'elle prononççait les phrases d'une manière fausse à chaque fois.

Bref, une soirée dont je sorti déçu, car certains passages sont assez ennuyeux. Il faut dire que ce texte de Kleist, que je ne connaissais pas, n'est pas non plus à proprement parler ma tasse de thé. Je préfère donc conserver la très bonne impression que m'avait faite La famille Schroffenstein, montée par Stéphane Braunschweig il y a quelques années, et qui m'avait vraiment beaucoup plu.

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