Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 08:50

http://www.colline.fr/pics/0.464957001263562329.jpgAprès l'expérience difficile du Tramway (oui, j'en parle à nouveau, mais il faut exorciser ce type de traumatisme), je suis allé voir une autre pièce « d'après » un auteur connu et reconnu du monde théâtral. A la mise en scène, Guillaume Vincent, et dans le rôle de l'inspirateur, Frank Wedekind, avec sa pièce la plus célèbre, L'éveil du printemps. Si le « d'après » n'est pas usurpé, mon impression de spectateur est tout de même beaucoup plus enthousiaste, car certains choix peuvent être critiquables, mais l'ensemble a une résonance finalement assez forte.

La pièce de Wedekind (que je ne connaissais que de nom) met en scène un groupe de jeunes gens qui au sortir de leurs études découvrent l'attirance sexuelle. Les émois ressentis ou provoqués, les relations qui se tissent entre les amis sont au coeur de la pièce, ainsi que les tourments que ressentent certains d'entre eux, en particulier Moritz, qui connaîtra un destin tragique.

Guillaume Vincent axe sa mise en scène sur l'enfance, et même sur les traumatismes de l'enfance. Ce sont eux qui semblent dicter les comportements des personnages. La scène d'ouverture est de ce point de vue éclairante et très réussie. Trois personnes répètent un morceau dans un studio. Dehors, des pétards, et intrigués par le bruit, les jeunes gens sortent tour à tour, pour ne plus revenir. Le tout est accentué par une marionnette qui se déplace sur le plateau. Bref, une référence explicite au film d'horreur, qui fonctionne parfaitement.

Par la suite, on retrouve certains éléments de cette horreur qui touche les membres du groupe, comme lors de ce procès pendant lequel est jugé Melchior, le meilleur ami de Moritz. Les juges, aux voix métalliques et aux costumes roses parodiant les super-héros, sont inquiétants à souhait. A d'autres moments, la mise en scène laisse entendre le texte de Wedekind, reconnaissable par l'emploi de certaines tournures parfois désuètes.

Le petit péché de ce spectacle est de parfois laisser traîner en longueur certaines scènes, ce qui fait retomber l'ensemble. Après la scène d'ouverture, on assiste à une scène de danse, ou d'euphorie collective, mais la longueur de cette scène fait que le message se brouille. De même, mais là j'ai trouvé la scène ratée, lorsqu'il représente les sévices que subit Melchior en prison. Son agent à la voix militaire est irritant au possible, et l'outrance sans grand intérêt.

Autre petite remarque, mais il semble, d'après ce que j'ai lu, que c'est aussi le cas dans la pièce de Wedekind, l'aspect collectif du groupe est assez peu sensible. On ressent certaines individualités, comme Moritz (joué par Nicolas Maury, très bon), Melchior (Cyril Texier) ou Wendla (Pauline Lorillard), car elles ont de la place pour s'exprimer. En revanche, les autres personnages sont esquissés plus qu'incarnés, ce qui est un peu dommage.

Mais cette relecture de l'éveil du printemps est finalement assez intéressante, parfois déroutante et déstabilisante, mais elle ne laisse pas indifférent. Ce qui est essentiel, au théâtre.

Partager cet article

Repost 0

commentaires