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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 22:37

Killer-Joe.jpgDe William Friedkin, je ne connaissais que L'exorciste, film culte dont j'avais gardé un plutôt bon souvenir alors que ce n'est pas mon genre cinématographique de prédilection. Suite aux bonnes critiques entendues au sujet de son dernier opus, je suis allé voir Killer Joe, film détonant à la fois par sa cruauté et par son humour noir, très noir. Un film troublant qui ne laisse pas indifférent, et c'est positif.

 

L'histoire est celle de Chris, 22 ans, qui vit dans une baraque vétuste avec son père, sa belle-mère et sa sœur. Endetté à cause d'activités peu légales, il pense avoir trouvé la solution miracle : faire tuer sa mère pour toucher l'assurance-vie, qui devrait revenir à sa jeune sœur. Il embauche donc un tueur à gage, shérif à ses heures perdues. Mais le plan ne se déroule pas si bien que cela, et c'est peu de le dire.


Ce film est cruel. Cruel envers ses personnages, aucun ne parvenant à devenir sympathique et humain aux yeux du spectateur. La froideur et la perversité du shérif (étonnant Matthew McConnaughey), la bêtise du fils (toujours convaincant Emil Hirsch), la naïveté de la fille (Juno Temple, une découverte pour moi), la lâcheté du père ou la cupidité de la mère empêchent tout sentiment d'empathie avec les personnages. Film cruel aussi par ce qu'il montre. Friedkin ne ménage pas son spectateur et propose des choses inimaginables (la scène du pilon de poulet restera certainement comme une grande scène de cinéma). Pourtant, ce climat malsain ne passe jamais par des scènes gratuites. Il évite la facilité et s'appuie constamment sur une mise en scène de haute tenue.

 

Et c'est la force de la mise en scène, associée à un second degré constant, qui donne tout son intérêt au film. Que ce soit la première apparition de Joe (gros plan sur les bottes, la ceinture, les gants) ou celle de la course-poursuite entre deux motos et un homme seul, on sent tout le plaisir de construction des scènes et de montage qu'a eu Friedkin. Et la force du film, c'est qu'il réussit à rendre ce plaisir au spectateur, qui oscille entre l'effroi que lui inspire l'intrigue et le rire provoqué par le ton décalé du film. Un œuvre originale et convaincante.

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commentaires

Ys 26/09/2012 10:03


Bon, c'est bien ce que je pensais, ça n'est pas un film que j'irai voir en salle. Il faut que je puisse crier, me détourner de l'écran, voire même verser une larme si besoin, donc ce sera le DVD
le moment venu...

Yohan 04/10/2012 08:25



Oh, je pense que le vision à la télé doit pouvoir marcher (et je ne dis pas cela pour tous les films). Mais je te le conseille vraiment lorsque tu trouveras le DVD.