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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 09:31

Ah ! Comme il est difficile de parler de ce film ! Non pas parce qu'il y en a rien à dire, mais plutôt parce qu'il y a tellement de choses à évoquer dans Il était une fois en Amérique qu'un simple billet est loin d'être suffisant. Ce film de Leone, sorti en 1984, d'une durée de 3h45, est un véritable chef d'oeuvre, qui, comme d'autres films de cette trempe, fut un échec lors de sa sortie. Aujourd'hui, il retrouve le rang qui lui est dû, et qu'il n'aurait jamais dû quitter. Allons-y pour quelques éléments, mais ce sera vraiment succinct.

A New York, dans les milieux juifs et mafieux, la contrebande bat son plein. Le milieu est dirigé d'une main de maître par Noodles et Max, qui avec l'aide de Cockeye et Patsy, conduisent toutes les opérations de fabrication et de distribution de l'alcool prohibé. L'amitié entre Max et Noodles, les deux hommes forts, remonte à loin : jeunes déjà, ils s'aidaient dans les coups durs, et faisaient régner leur loi sur le quartier. Mais les amitiés d'enfants sont toujours mises par à mal par les évolutions des adultes, dont les idéaux peuvent diverger...

A travers trois périodes, présentées de manière non-chronologique, Leone réussit à dépeindre avec une virtusioté et un dynamisme époustouflant la vie de ce quartier et de ce groupe. Enfants, on suit les débuts des émois sexuels de Noodles, qui se cache dans les toilettes pour espionner Déborah, la fille du cafetier, quand elle répête ses pas de danse, ou d'un autre enfant qui veut échanger une pâtisserie contre les attentions d'une jeune fille, mais ne peut résister à la tentation d'engloutir la gâteau (une des plus belles scènes du film). On découvre comment les liens se nouent, comment la lutte contre l'adversité cimente une amitié indéfectible. Surtout, la violence de cette époque est constamment présente, dans ces milieux où tout est permis et où les policiers sont tournés en ridicule, surtout quand ils se font prendre dans les bras d'une jeune fille qui monnaye son corps et ses faveurs.

Adultes, on découvre les méthodes de ces hommes qui arrivent à faire valoir leurs intérêts à la fois dans les entreprises prohibées, mais également à faire d'un syndicaliste un pantin qui servira toutes leurs activités. La tension est constamment présente, et Leone la rend encore plus palpable en faisant durer les sons, en saturant l'espace sonore, comme avec ce téléphone qui lance véritablement le film, ou cette cuillère qui tourne sans fin dans une tasse, rendant l'intervention de Noodles encore plus forte. A l'aspect film d'action et presque policier (mais où est passé l'argent ?), Leone ne néglige pas l'aspect romantique et sentimental du film, avec notamment une séquence magnifique dans laquelle Noodles invite Déborah dans un hôtel, ouvert spécialement pour lui et dans lequel il a fait venir un orchestre. Les scènes de danse, ou celles sur la plage, sont magnifiques et tristes.

Et en plus de cela, le dénouement du film est également totalement inattendu, avec une confrontation finale de toute beauté et une conclusion sur un camion-poubelle (surprenant, n'est-ce pas !) qui permet des interprétations différentes. Bref, c'est un film merveilleux, qui joue sur tous les registres pour atteindre son but (car même le comique est présent, comme dans la scène de l'hôpital devant laquelle la vie est un long fleuve tranquille paraît un enfantillage).

A cela, il convient d'ajouter des acteurs assez fascinants, et au premier rang desquels Robert de Niro. En incarnant Noodles, jeune homme ayant connu la prison mais qui s'oppose aux méthodes violentes prônées par Max, il arrive à donner à ce personnage une dimension impressionnante.  Face à lui, on trouve un excellent James Woods, qui incarne un Max sans scrupules, usant et abusant de son pouvoir pour obtenir de l'argent et des femmes. Tous les autres rôles sont également très réussis, mais j'ai une tendresse particulière pour Deborah, jouée par Elizabeth McGovern, dont ce fut malheureusement le seul rôle important au cinéma.

Il convient également de mentionner la musique de Morriconne, qui comme dans beaucoup de fims de Leone, est devenue indissociable du film.


Voilà donc un film à voir au moins une fois dans sa vie, mais je suis ûr qu'une fois que vous y aurez goûté, vous aurez un goût de trop peu. Et si vous pouvez le voir au cinéma, je vous garantis que les 3h45 passent comme une lettre à la Poste, tellement l'ensemble est prenant et saisissant. Ahhh, quel film ! 

Le billet de Pascale (qui y a justement regoûté il y a peu)

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commentaires

Thierry HERMAN ( le beauf) 26/11/2012 22:34


certaines scènes furent coupées dans la version américaine !

Yohan 26/11/2012 22:53



Quel film un peu hors norme les américains n'ont pas coupé...



ferre 26/11/2012 18:43


moi aussi je ressent les memes emotions que vous en relisant votre commentaire.la musique est eternelle et desormais un classique pour plusieurs generations....

Yohan 26/11/2012 22:52



La musique joue un rôle très important dans le film et l'écouter renvoie immédiatement au film !



Mic 18/08/2010 15:36



Bonjour Yohan,


Merci pour ton billet, effectivement ce film est un chef-d'oeuvre, une merveille du 7ème art! Pourtant ce long métrage fut réalisé non sans difficultés, Sergio Leone signait avec "Il était une
fois en Amérique" un film testament. Je viens de le revisionner chez moi il y a quelques jours, et j'ai décidé d'écrire un petit billet sur mon blog "NOIR SUSPENSE", avec quelques petites
informations qui pourront peut-être satisfaire tous les fans de ce film. Amitiés, MIC.



Yohan 18/08/2010 22:46



Merci beaucoup pour ton passage par ici, Mic. Je vais aller lire avec plaisir ton billet, sur ce merveilleux film !



dasola 23/11/2009 16:28


Bonjour Yohan, dire que ce film est un chef d'oeuvre est un euphémisme. Je l'ai vu au moins 3 ou 4 fois sur grand écran. Une merveille! Bien entendu, les Américaiins ont tout gâché en projetant
chez eux le film avec une histoire dans l'ordre chronologique. Cela devait être trop compliqué pour eux de comprendre. Les acteurs sont tous géniaux. Autant Jennfer Connelly a fait la carrière que
l'on sait autant, c'est dommage de ne plus voir Elizabeth Mc Govern. Bonne après-midi.


Yohan 24/11/2009 22:44


3 ou 4 fois sur grand écran ! C'est pas mal, pour un film qui, il me semble, est assez peu diffusé sur grand écran. Et c'est bien dommage, d'ailleurs. Comme c'est dommage de ne pas voir plus
Elizabeth McGovern, lumineuse dans ce film.


Pascale 21/11/2009 09:08


ah tu me REREREDONNES envie.
C'est un film envoûtant, hypnotisant. Tous les plans sont nécessaires, indispensables. C'est d'une tristesse, d'une mélancolie, d'une beauté insondables et les acteurs, TOUS, sont prodigieux. J'en
ai des frissons d'y repenser.


Yohan 24/11/2009 22:43


AAAAAAHHHHHHHH !!!!!! Ouiiiiiii !!! Tout y est parfait !