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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 10:09

habemus-papam.jpgAprès s'être attaqué à Berlusconi dans Le Caïman, Nanni Moretti était attendu pour son nouvel opus au sein du Vatican. Si la charge est moins directe, Moretti arrive à instiller au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue une vraie réflexion politique sur le pouvoir. Un film très surprenant.

 

Surprenant, car il débute comme une grande farce, celle de l'élection du nouveau Pape. Tous les cardinaux  sont réunis dans la Chapelle Sixtine pour élire le nouveau représentant de Dieu sur Terre (dont on voit qu'il n'y a rien de divin là-dedans, mais uniquement des jeux de pouvoir et de compromis). Mais s'il y a des favoris, auncun ne semble très pressé d'assurer cette charge. C'est donc un inconnu, le cardinal Melville, homme de second ordre, qui est élu. Charge qu'il ne peut assumer, refusant de se présenter sur le balcon de la basilique Saint-Pierre, poussant un cri mémorable au moment de se présenter au public. Les cardinaux ont donc recours à un psychanalyste pour tenter de remédier au problème de confiance du nouveau Pape, qui finit par s'enfuir du Vatican.

 

Sur ce point de départ, Moretti signe un film très subtil, très fin, sur la folie du pouvoir et sur le fait que certaines personnes ne sont pas préparées à occuper de telles fonctions. Le nouveau Pape est dépassé par les événements, et l'attente venant des fidèles, des cardinaux et des média est trop dure à supporter pour lui. Un discours totalement opposé à l'ambiance actuelle, où chacun est poussé à aller vers plus de responsabilités, plus de pouvoir, alors que tout le monde n'a pas forcément ses aspirations.

 

Outre le discours, Moretti réussit à exploiter l'espièglerie de Michel Piccoli, qui incarne le Pape refusant le pouvoir, mais aussi celle de son scénario. L'arrivée du psychanalyste au Vatican est ainsi très drôle. Les scènes de volley-ball où les cardinaux jouent les uns contre les autres sont un contrepoint comique à l'envie de fuite du Pape, logé dans un hôtel où il fait la rencontre d'un acteur totalement ravagé par le personnage de Tchekhov qu'il incarne sur scène. Le tout se termine par une très belle déclaration au balcon du Pape, qui clôt le film de manière très intelligente et fine.

 

Moretti signe un très bon film, qui arrive à mêler dérision et réflexion politique de façon très subtile. Un excellent moment de cinéma, intelligent et distrayant.

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commentaires

anjelica 21/10/2011 21:59



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