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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 15:19

faust.jpgPour ce retour de vacances, un petit aperçu d'un film sorti et vu il y a quelques temps, mais que je pouvais difficilement passer sous silence. Car Sokourov investit le thème faustien avec brio et signe un film troublant et esthétiquement original.

 

Petit retour sur le sujet du film. Le personnage principal est un médecin, le docteur Faust, qui cherche à découvrir le secret de l'âme en disséquant des cadavres. En manque d'argent, il se tourne d'abord vers son père qui n'est d'aucun secours, puis vers un usurier, auprès duquel il emprunte de l'argent. Mais cet usurier a une réputation de démon, et Faust ne se méfie pas assez. Outre un apport financier, il l'emmène voir de jeunes femmes, et Faust s'éprend de l'une d'elle, Marguerite. C'est pour Faust le début d'un piège qui va se refermer lentement et irrémédiablement sur lui.

 

Sokourov reprend donc à son compte le thème classique de Faust, médecin qui contracte avec le diable et en perd la vie. C'est un sujet classique que je connais assez mal, n'ayant pas lu Goethe ou les autres versions littéraires du sujet, et n'ayant qu'une approche sommaire des opéras consacrés au sujet, en particulier celui de Gounod (avec le célèbre air des bijoux mondialement connu grâce à la Castafiore). Plus que sur le fond, c'est le traitement cinématographique que fait Sokourov qui attire l'attention.

 

D'entrée le spectateur est mis en position d'attente. Le film débute par un plan large qui descend sur terre et laisse découvrir un village, celui de Faust. Puis on assiste à une dissection, où Faust discute avec son second de la présence de l'âme. J'ai été dérouté et captivé par cette approche, car le récit, s'il est linéaire, laisse constamment planer des zones d'ombres qui, si elles ne rebutent pas le spectateur (plusieurs sont sortis de la salle), piquent sa curiosité.

 

La curiosité est avivée avec le personnage de cet usurier, aux pouvoirs magiques et au physique étonnant. Il se met nu dans une scène avec des lavandières et dévoile un corps proprement monstrueux, qui inquiète les jeunes filles mais pas Faust, prêt à tout pour atteindre son objectif. Il faut ajouter à cela une femme hallucinée, amoureuse de cet usurier (interprêtée par Hannah Shygulla), des personnages secondaires toujours étonnants, et une scène finale grandiose, faite de geysers et de terres rocailleuses. Servie par deux excellents acteurs principaux, Johannes Zeiler et Anton Adasinskiy, la version de Sokourov laisse une impression vive dans l'esprit du spectateur, troublé par cette relecture originale du mythe. Le film clôt la tétralogie du mal du réalisateur, et a obtenu le Lion d'Or à Venise en fin d'année dernière. Un grand moment de cinéma.

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commentaires

Pascale 09/08/2012 11:29


Ah je l'ai loupé !!! J'aurais aimé !


 


Commentaire constructif.

Yohan 20/08/2012 18:35



Très constructif, presque autant que certains que je mets chez toi !



Laetitia BERANGER 08/08/2012 10:56


Je n'étais pas dans la même salle mais je fais pourtant partie de ceux qui ont fui ! Je quitte pourtant très rarement une séance mais là, complètement hermétique à la chose (voire même assez
dégoutée) j'ai jugé préférable de mettre fin à mon suplice au bout de 30 min. Tu n'es pas la première personne a en parler positivement, j'y reviendrai donc si j'en ai l'occasion !

Yohan 20/08/2012 18:34



En même temps, c'est rassurant que tu sois dégoûtée par le diable. C'est un signe positif concernant ton état psychique ;-)



Céline 04/08/2012 16:47


C'est un film que j'ai hélas loupé mais que j'aurais beaucoup aimé voir. Je me rattraperai en DVD !

Yohan 20/08/2012 18:33



Je te le conseille vivement, et encore plus en salle. car le film est assez ardu et exigeant, et je ne sais pas si le DVD lui rendra complétement hommage. En tout cas, merci pour le lien !