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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 07:30

fatima-ou-les-algeriennes-au-square.jpgDalila vit avec ses parents, ses frères et soeurs à La Courneuve, dans la cité des 4000. Victime des violences de son père, elle a décidé de quitter le domicile de ses parents. Mais avant, elle se remémore les histoires des habitants de ce quartier, celle de sa mère, Fatima, ou de ses amies qu'elle croise régulièrement au square. 

 

Dalila est une jeune fille craintive mais décidée à partir. Au square, elle reste dans les jupes de sa maman car elle ne souhaite pas jouer avec les autres enfants, mais aussi car elle très intéressée par les histoires racontées. Elle s'est notamment prise d'affection pour le petit Mustapha, dont elle a entendu l'histoire et celle de ses des parents, commerçants à Aubervilliers obligés de vivre dans l'arrière boutique.

 

A travers les yeux de la petite fille, c'est toute une société souvent ignorée, cachée, que peint Leïla Sebbar. Tout le monde a entendu parler de ces cités de Seine-Saint-Denis qui font la une des faits divers, mais on entend assez peu parler les habitants de leur quotidien. Ce sont ces voix, ces histoires que donne à entendre l'auteur. Elle aborde tous les sujets, des plus banals aux plus cruels, comme les violences qu'inflige le père de Dalila à sa fille. Ou le très fort conservatisme de ces familles qui séparent les filles et les garçons au maximum, chacun ayant son domaine et ses habitudes. Ainsi, les virées à Barbès, dans Paris, sont presque exclusivement réservées aux hommes et quand les femmes doivent s'y rendre, elles sont rapidement perdues.

 

On y retrouve également certains propos parfois entendus, comme les menaces de retour en Algérie pour les enfants turbulents. On y lit également la retenue de ces enfants face au pays d'origine de leurs parents, vu comme un lieu désert, d'ennui, où les vacances sont loin d'être idylliques.

 

Ce qui est intéressant avec ce roman, c'est qu'il a été écrit en 1980. Sa réédition aujourd'hui permet de se rendre compte de ce qu'était ces banlieues du Nord de Paris à cette époque, et je serai curieux de lire le même type de roman aujourd'hui. Car si certains éléments doivent être assez proches, les évolutions de le société ont fait évoluer ces quartiers, souvent uniquement vus pour la violence, les trafics ou l'intégrisme religieux qui peuvent y régner.

 

Je remercie Libfly et la maison d'édition Elyzad qui m'ont permis de lire ce roman. Pour ceux que cela intéresse et qui sont à proximité, une rencontre a lieu le lundi 13 février au musée des Beaux-arts de Lille, où il sera question de l'édition dans les pays ayant vécu une révolution récemment.

 

L'avis de Marianne Desroziers, Zazymuth

 

Fatima ou les Algériennes au square de Leïla Sebbar

Ed. Elyzad poche

 

Autre ouvrage de Leïla Sebbar: Sept filles

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commentaires

zazy 10/02/2012 22:45


Nous avons un peu la même conclusion. En tut cas, un livre très instructif

Yohan 14/02/2012 21:22



Oui, plongée intéressante dans le 9-3 du début des années 80 !