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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 17:25

et-l-enfant-sur-le-loup.jpgDepuis le temps que j'entends parler du travail de Pierre Notte, il fallait bien que je découvre une de ses pièces sur scène. Mon entrée dans le monde nottien s'est donc fait avec Et l'enfant sur le loup, pièce sous forme de conte qui traite de sujets absoluments joyeux : l'inceste et la vengeance.

 

Heureusement, la pièce écrite par Pierre Notte, si elle peut paraître au premier abord sinistre, est traitée avec beaucoup d'humour. Mais noir, l'humour. L'utilisation de la forme du conte fait beaucoup dans la distance qui est mise. Avec la présence de parents artistes de cirque, grotesques au possible (Jean-Jacques Moreau et Judith Magre, surprenante), on sait d'emblée qu'on entre dans un univers particulier. Quand Pierre Notte débarque et nous fait comprendre qu'il incarne le loup de l'histoire, on se retrouve plongé au fond des bois avec le Chaperon rouge.

 

Mais Notte n'en fait une histoire abstraite. Car cette histoire d'inceste et d'avortement forcé, c'est excatement ce qui est arrivé à Natacha Kampusch, la jeune autrichienne sequestrée et violée pendant des années. En transposant ce célèbre fait divers sur scène, Pierre Notte ne se contente pas de présenter l'histoire, mais renvoie le spectateur à son propre statut, celui de voyeur : quel plaisir peut-il prendre à voir cette histoire de fille violée, de petit-fils à l'esprit vengeur (Julien Alluguette), qui réussit à punir ses grands-parents en les condamnant à revêtir une tunique semblable à celle qui a tué Héraclès ?

 

En ayant recours à l'humoir noir, Pierre Notte parvient à faire passer son sujet, à le rendre audible au spectateur. Et la mise en scène de Patrice Kerbrat souligne bien à la fois l'horreur et le comique des situations. Un conte de fée macabre, mais n'est-ce pas au fond la réalité de nombreux contes de fées ?

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