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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 07:45

Dans les beaux quartiers de Paris, deux musées très proches géographiquement offrent chacun une exposition consacrée à la mort, mais avec des approches très différentes. Alors qu'au musée d'Orsay, le visiteur découvre comment le crime et son châtiment ont été abordés lors des deux derniers siècles, le musée Maillol ouvre ses portes aux vanités, noms de ces oeuvres qui mettent en scène des squelettes, crânes, ossements, bref, tout ce qui a trait à la mort et à sa représentation. Deux approches différentes, mais en un sens très complémentaires.

 

A Orsay, l'esposition dirigée par Robert Badinter et mise en espace par Jean Clair promène le spectateur du crime fondateur, celui d'Abel par Caïn, aux châtiments les plus imaginatifs, avec la reproduction d'un engin décrit par Kafka dans La colonie pénitentiaire. Le parcours emmène le visiteur découvrir des oeuvres classiques (Géricault, très marqué par la mort, ou Goya) comme modernes (Picasso) où des reproductions de journaux de la Belle-Epoque n'hésitant pas à mettre en image les plus violents faits-divers.

 

Plusieurs passages m'ont particulièrement marqués. Le premier est le couloir d'entrée de l'exposition, avec au fond cette guillotine drapeé d'un voile noire qui indique l'entrée dans la salle traitant de la Révolution (différentes représentations de Charlotte Corday assassinant Marat, assassinat de Peletier de Saint-Fargeau,...).  Le second est la salle montrant les prisons de la fin du XIXeme Siècle, de Courbet à Sainte-Pélagie aux photos de la prison de Saint-Lazare, sans oublier le panoptique de Bentham. Le dernier point est ce qui concerne l'aspect scientifique du crime. Avant le recours à la police scientifique au début du XXeme Siècle, de prétendus savants ont tenté de découvrir les marques d'une violence à venir en étudiant les bosses et cavités de la boîte cranienne. L'exposition de différentes modèles est assez troulante. Voilà donc une belle exposition, bien dimensionnée même si il faut parfois jongler avec les autres visiteurs tellement il y a de monde.

 

Un peu en retrait de la Seine, le musée Maillol accueille lui des oeuvres contemporaines, classiques et antiques qui ont toutes pour objet la représentation de la mort, via la mise en scène des crânes. Le leitmotiv de cette exposition : Memento mori, ou Souviens-toi que tu vas mourir. On découvre donc des oeuvres ambitieuses, dérangeantes, troublantes mettant en scène le squelette et divers ossements. Ainsi, Annette Messager représente un crâne avec des mitaines dont les doigts sont remplacés par des crayons. On découvre les oeuvres de Damian Hirst, avec le crâne en diamant, mais aussi un crâne en mouche. On découvre également un cabinet de curiosités, avec une jolie collection de cannes dont les pommeaux représentent des scènes funèbres, un crâne de Mickey ou des performances dans lesquelles l'artiste y met de sa personne.

 

Puis on remonte le temps, avec le XIXeme Siècle, avec Cézanne, Buffet ou Nadar, puis on découvre des oeuvres plus anciennes, notamment les scènes de Saint-François par Le Caravage, De La Tour et Zurbaran. Le clou du spectacle étant cette mosaïque de Pompeï qui représente déjà ce thème qui a énormèment inspiré les artsites.

 

Une exposition passionnante, qui mêle contemporains (Basquiat, Niki de Saint-Phalle,...), modernes (Picasso) et classiques. Un prix un peu élevé (11 euros l'entrée, auxquels il faut ajouter l'audioguide, très bien fait et presque indispensable), mais une bien belle exposition, qui confirme la fascination de l'être humain pour la mort et sa venue.

 

Crime et châtiment, Musée d'Orsay, jusqu'au 27 juin 2010 (Attention, il y a du monde)

C'est la vie ! Vanités, Musée Maillol, jusqu'au 28 juin 2010 (Moins courue, mais très réussie malgré un prix un poil élevé).

 

A lire, le billet très détaillé de Ys sur sa visite à Orsay.

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commentaires

la librivore 28/04/2010 22:37



C'est très bien de mettre les deux expos en parallèle.



Yohan 01/05/2010 12:07



Je les ai vu dans un intervalle très court, et le rapprochement est asssez flagrant.