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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 08:33

bulgometdeshommes.jpgAujourd'hui, la majorité des français vit en ville. Complétement imprégnés de la ville et de son langage, il ne voit plus forcément ce qui en fait la spécificité et les codes qui la régissent. amandine Dhée, en portant un regard décalé, satirique et subtil sur la ville, nous invite à repenser notre rapport avec le monde urbain.

 

L'ouvrage se présente sous la forme de courts chapitres, qui traitent chacun à leur tour les rapports d'une population avec la ville. L'ouverture se fait sous la forme de souvenirs d'une petite fille, rapportés de façon décousue. Elle se remémore les clefs qu'elle portait autour du cou, les bonbons achetés à la boulangerie ou ses camarades de classe.

 

Puis on commence à visiter la ville. D'abord de façon souterraine, en suivant le cours du métro. Amandine Dhée se livre à une description hilarante du fonctionnement des infrastructures de transport, ironisant sur les multiples messages constamment délivrés au passager, en imaginant d'autres qui pourraient être plus utiles. Elle interroge également le lecteur sur ses déplacements et leur but, se moquant au passage des enquêtes de satisfaction menées auprès des passagers.

 

Le ton de l'ouvrage est alors donné : c'est celui d'un regard neuf et iconoclaste sur le ville, qui se mêle à l'écriture très drôle de l'auteur. On visite ensuite la ville à travers les besoins des enfants. Amandine Dhée imagine à ce propos un dialogue savoureux où les têtes pensantes essaient d'imaginer comment concilier espaces de jeux et histoire sociale du Nord-Pas-de-Calais. Cela aboutit à un terril en bulgom, que le visiteur attentif de Lille pourra effectivement trouver au cœur du parc Jean-Baptiste Lebas, à quelques mètres de la mairie... Ce sont ensuite les personnes âgées qui ont droit à l'attention de l'auteur.

 

Mais fondamentalement, ce qui intrigue Amandine Dhée, ce sont les relations avec autrui. Elle y consacre un chapitre, essayant notamment de rencontrer l'homme de sa vie en laissant tomber son mouchoir. Elle tient alors un compte-rendu de ses diverses expériences, souvent non concluantes. Puis on s'intéresse à ce que mange la ville, là où elle se restaure et fait ses achats. La conclusion de cette première partie de l'ouvrage aboutit à une réflexion sur la volonté ou non de quitter la ville, trop vue, trop connue, trop parcourue.

 

L'ouvrage se termine par des portraits. Celui du boucher raciste, chez qui il y a la queue, qu'on veut boycotter par principe mais qu'on est obligé de côtoyer. Celui du primeur qui s'est implanté dans ce quartier, qui garde constamment un sourire béat mais dont on se demande pourquoi il a choisi cet endroit pour s'installer.

 

La lecture ce cet ouvrage est un vrai plaisir. Il est d'ailleurs augmenté par la version audio de l'ouvrage, disponible sur l'ouvrage de l'éditeur (gratuit pour tout détenteur de l'ouvrage, en échange d'une réponse à une question facile pour tout détenteur de l'ouvrage). La version audio est un mélange de lecture par l'auteur et de remarques sur sa construction. Un complément tout à fait judicieux. Ceci me permet de souligner le beau travail de la maison d'édition La contre-allée, dont je reparlerai très certainement par ici.


Du bulgom et des hommes d'Amandine Dhée

Ed. La contre-allée

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