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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 18:16

Depuis son éviaff portection de l'antenne de France Inter sous le prétexte d'avoir fait dire à un ex-Premier Ministre qu'il souhaitait sodomiser le Président (pour faire politiquement correct), Didier Porte a perdu une grande part de son exposition médiatique. Car même si Daniel Schneidermann a eu la bonne idée de lui proposer une chronique hedbomadaire sur Arrêtsurimages.net, cela ne comble pas le déficit d'exposition de l'humoriste. Alors, dans ce cas, il reste une solution : la scène. Porte a donc choisi de multiplier les représentations et ma foi, il a bien fait.

 

Je ne suis pas un grand adepte des spectacles à sketches, car j'ai souvent du mal avec le passage du coq à l'âne, d'un personnage à un autre, avec une impression de butiner sans avoir rien à retenir. L'avantage avec Porte, c'est qu'il ne cherche à jouer un personnage, ce qui donne une cohérence au propos de son spectacle. Bien entendu il manie le second degré, mais avec efficacité. Son entrée en matière avec un sketch sur les fonctionnaires, sujet éculé des spectacles humoristiques s'il en est, est mordante dans la caricature qu'elle donne de ceux qui caricaturent les fonctionnaires. Ce passage donne le ton au spectacle, qui sera une charge nette et franche contre les puissants.

 

Car Porte ne laisse personne de côté. Bien entendu, il a des sujets de prédilection ; les religieux sous toutes leurs formes, le gouvernement actuel,... Il ne se gêne d'ailleurs pas pour nous faire nous souvenir de cassseroles de certains membres du-dit gouvernement, oubliées car elles sont de plus en plus nombreuses.

 

Porte s'en prend également au pouvoir des média. Au coeur de sa charge : TF1. Dans une saynète où il tente de contacter Laurence Ferrari pour mettre en place un prolothon (un téléthon pour les pauvres), il parvient de manière détourner à faire passer l'idée que toutes les théories à la base de la lutte des classes sont niées par les instances médiatiques. On sent bien que Porte met cette notion au coeur de  sa conception de la politique, et cela est assez réjouissant de l'entendre pendant une heure trente.

 

Chacun a droit à son petit passage : Johnny, que Porte déteste, les chanteurs du concert de la Concorde après la victoire de Sarkozy, Hortefeux,... Mais aussi les socialistes, pour qui être de gauche et riche est possible, à condition d'être désolé. J'ai beaucoup ri à ce spectacle, engagé et volontaire. Une forme de pamphlet de gauche qui fait du bien à entendre. Et qui n'est pas une pose, car il est rare de voir un comédien laisser la place en fin de spectacle à des cheminots pour qu'ils annoncent qu'ils font une collecte à la sortie pour alimenter la caisse de grève, qui a duré trois semaines. Merci, Didier Porte, de nous montrer qu'on peut être drôle, engagé, franc, dans un monde de l'humour souvent aseptisé.

 

Tournée dans toute la France, et au Café de la Gare tous les premiers lundi du mois.

 

PS : si l'un d'entre vous souhaite un abonnement d'un mois offert sur le site d'arrêt sur image, qu'il me fasse signe : il y des possibilités de parrainage pour découvrir le site (qui possède notamment une émission littéraire souvent fort intéressante)

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