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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 17:50

de-rouille-et-d-os.jpgQuelques heures avant le verdict du festival de Cannes, où le film de Jacques Audiard est souvent cité pour récupérer un prix, il est temps de livrer mes impressions sur ce film. Car contrairement aux nombreux avis très élogieux lus un peu partout, sur Internet ou dans les journaux plus reconnus, je n'ai pas été convaincu par le film.

 

De rouille et d'os a des qualités, c'est indéniable. Il faut tout d'abord mentionner l'ensemble de la distribution du film, très juste. Marion Cotillard tient là un rôle digne de son talent, qui m' fait penser à celui de femme vengeresse vue chez Jeunet dans Un long dimanche de fiançailles. Elle impose sa présence et le handicap dont elle est atteint est finalement une force pour elle. A ses côtés, Matthias Schoonaerts, que je découvre mais dont j'avais déjà entendu beaucoup de bien, est glaçant du fait de son absence d'émotion. Ajoutez à cela une violence sourde et un physique impressionnant, et vous vous dites qu'il serait malvenu de le croiser seul dans une ruelle. Corinne Masiero, qui joue ici la soeur de Schoonaerts, confirme tout son potentiel.

 

Autre qualité du film, certaines scènes très réussies. Au premier rang desquelles je mettrai celle où Marion Cotillard, ancienne dresseuse d'orques qui a abandonné le métier suite à une amputation des deux jambes, reprend les gestes qu'elles effectuaient quotidiennement, dans son fauteuil, sur la terrasse en plein soleil. Son retour au Marineland est également très réussi. Globalement, je pense que toutes les scènes avec Marion Cotillard sont globalement réussies. Je suis plus perplexe avec le personnage d'Ali (Matthias Schoonaerts), pour lequel je trouve qu'Audiard se complait dans une violence gratuite et vaine.

 

Mais venons-en à ce qui fâche. Le scénario est pour moi le gros point faible du film. Déjà, les deux personnages principaux, l'handicapé des sentiments et l'handicapée physique, sont des archétypes. Le problème, c'est que je ne les ai pas vus évoluer, prendre de l'épaisseur. Ali reste un homme attiré par la violence, par les magouilles, et même son fils ne lui permet pas de s'assagir. J'ai également eu l'impression qu'Audiard laissé tomber très les personnages secondaires (L'amie de Stéphanie, Céline Sallette, est à peine esquissée) En fait, le vrai problème, c'est que j'ai senti venir toutes les scènes. Il suffit de lier quelques éléments de l'intrigue pour en deviner l'issue. Quand on apprend qu'Ali installe des caméras de vidéosurveillance pour les employés et qu'on sait le métier qu'exerce sa soeur, il n'y pas de surprise. Même chose pour la scène finale avec l'enfant, qu'on sent venir à des kilomètres à partir du moment où ils font un pas sur le lac gelé.

 

Audiard, pourtant scénariste à la base, semble avoir laissé de côté l'intrigue pour se concentrer sur la forme. Si cette dernière est globalement réussie (une réserve sur la violence, trop présente à mon goût), le fond est cousu de fil blanc. Un mélo est généralement assez peu l'occasion de coups de théâtre, mais écrire un scénario convenu à ce point est assez étrange. C'est donc avec une impression très mitigée que je suis donc sorti du film. Mais à vous de vous faire une idée, peut-être suis-je passé un peu à côté.

 

L'avis de Pascale

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commentaires

Sibylline 05/06/2012 00:16


Tu nous diras

Sibylline 29/05/2012 08:33


J'ai vu que le dernier livre d'Olivia Rosenthal (excellent auteur), "Ils ne sont pour rien dans mes larmes", traite des relations spectateurs-films. Il devrait t'intéresser. Moi, hélas, je ne
suis pas cinéphile du tout...

Yohan 04/06/2012 22:16



Merci pour conseil Sybilline, je n'en avais pas entendu parler. Du coup, descente à la librairie et acquisition faite !