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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 18:50

de-bon-matin.jpgUn matin comme tous les autres pour Paul. Rasage, habillage, baiser à sa femme endormie, le bus pour rejoindre son lieu de travail, avec sa malette et son sac de sport. Mais un sac de sport au contenu peu ordinaire : pas de maillot de bain ou de chaussures de course, mais un pistolet. Pour tuer son supérieur hiérarchique et le numéro 2 de la banque dans laquelle il travaille. A partir de cette ouverture violente, le film revient sur la vie de Paul et sur les événements qui l'ont amené à en venir à cette conclusion funeste.

 

Avec une succession de flash-back, le film de Jean-Marc Moutout est brillamment construit. D'emblée, le spectateur sait quelle sera la chute de cette descente aux enfers, celle de ce cadre qui, après un changement de direction, perd petit à petit sa place au sein de la banque, voyant ses compétences et son travail remis en cause. Du cadre en position de décision, il se voit nié professionnellement, et constate qu'il a tout sacrifié pour la banque : sa famille, sa femme, ses amis,... Au point que sa chute dans son métier est une chute dans sa vie d'individu.

 

Paul, incarné par un formidable Jean-Pierre Darroussin, est ici un cadre presque ordinaire. Dévoué à son métier, il est mis sur la touche une fois arrivé la cinquantaine. Moins mordant que ses jeunes collègues, trop proches de l'ancienne direction, il est écarté avec des méthodes honteuses par ses chefs (excellents Xavier Beauvois et Yannick Rénier) : il n'est pas prévenu des annulations de réunions, apprend par messagerie qu'il perd certaines de ses activités,... Pour autant, il n'est pas présenté comme une victime : il subit le système, comme il a pu lui-même le faire subir à d'autres auparavant, sans en être pleinement conscient. C'est un homme déchu, incapable de comprendre son fils, ado dans toute sa splendeur, ou sa femme, engagée dans l'humanitaire. Homme qui ne comprend pas la non-reconnaissance des années passées à se consacrer exclusivement à la banque.

 

Jean-Marc Moutout revient dans le monde de l'entreprise, qu'il a déjà visité dans Violence des échanges en milieu tempéré (avec les très bons Jérémie Rénier et Laurent Lucas). Ici, il prend le parti de montrer comment les individus sont persuadés qu'il est normal que le monde du travail soit reconnaissant, et que le jour où ils sont écartés, ils sont totalement perdus. Le problème de l'entreprise (ou de l'administration) est de fonctionner, et non de reconnaître les mérites de tel ou tel. Et c'est le jour où on est mis de côté qu'on comprend finalement que le monde professionnel est loin d'être celui auquel il faut consacrer l'essentiel de son temps. D'ailleurs, qui a regretté au moment de ses vieux jours de ne pas avoir passé assez de temps à sa vie professionnelle ?

 

Autre film de Jean-Marc Moutout : La fabrique des sentiments

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commentaires

dasola 28/10/2011 16:36



Bonjour Yohan, je confirme que ce film est à voir rien que pour Darroussin et l'histoire que ça raconte. Ce n'est pas gai mais cela peut faire réfléchir. Bonne après-midi.



Yohan 01/11/2011 20:07



Pas gai, non, mais le cinéma n'est heureusement pas qu'un divertissement. Et Moutout signe un très bon film.



Pascale 17/10/2011 19:44



Oui ben hein !



Pascale 17/10/2011 11:02



ah et puis, y'a aussi :


renonnaître


 


C'est pour me venger de ton jeu de la mort qui tue.



Yohan 17/10/2011 18:46



C'est malin de jouer au troll de l'orthographe ou de la faute de frappe !


Et en terme de jeu de la mort qui tue, c'est la clinique qui se fout de l'hôpital !



Pascale 17/10/2011 11:01



Le travail c'est pas la santé moi je dis, le con qui le pense peut se crever la paillasse dans son bureau, je m'en fous !


Ce film fait froid dans le dos.


 


Bon faut faire gaffe quand t'écris mon gars :


Jean-Marc Moutout reivient



Yohan 17/10/2011 18:45



C'est sûr que le travail, c'est loin d'être la santé. En ravanche, le cinéma... (en tant que spectateur, bien sûr).


D'accord M'dame, je ferai attention ;-)