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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 11:53

dans-la-maison.jpgJ'aime beaucoup le cinéma de François Ozon. Je trouve qu'il a l'art et la manière de toujours embarquer le spectateur dans des univers inattendus et nouveaux. Après le très drôle et sixties Potiche, le voici dans un film beaucoup plus littéraire, où le fantastique, déjà vu dans ses premiers films (Sous le sable, merveilleux) n'est jamais très loin. Et c'est vraiment du beau travail.


L'histoire est celle Germain Germain, professeur de français dans un lycée pilote qui teste le retour aux uniformes. Non l'histoire est plutôt celle de Claude Garcia, élève de Mr Germain, qui se fait remarquer grâce à une première rédaction dans laquelle il parle du parfum de la femme de la classe moyenne. Non, en fait, cette histoire est celle de la famille Rapha, qui compte Rapha père, la mère (la femme de la classe moyenne) et Rapha fils, camarade et ami de Claude Garcia. L'intrigue mêle ces différents protagonistes, et le spectateur est emporté, au fil des rédactions de Claude, dans une histoire de manipulation, d'intrusion et de voyeurisme, où il ne sait plus trop ce qui est vrai et ce qui est faux.

 

Retrouver Fabrice Luchini dans ce rôle de professeur n'est pas forcément surprenant, mais François Ozon parvient à en faire un personnage très intéressant. Professeur lassé par ses élèves, tous plus nuls les uns que les autres, il voit son intérêt éveillé par ce jeune garçon dont il ne sait rien. Petit à petit, en le poussant à écrire la suite de son histoire, il découvre les relations ambigües de ce jeune homme avec la famille de son ami Rapha. Que cherche Claude en s'introduisant dans cette maison ? Les fantasmes décrits sont-ils réels ? Passe-t-il vraiment à l'acte ? Germain, comme le spectateur, est embarqué dans cette histoire, et parvient heureusement mieux que le professeur à distinguer le vrai du faux.

 

Car si Claude (Ernst Umhauer, révélation du film) joue avec les Rapha, il s'amuse aussi avec son professeur, en réécrivant parfois son histoire. La femme de ce dernier, galeriste (Kristin Scott-Thomas) est un des moyens pour faire tourner en rond le professeur, écrivain raté. Le film est servi par un très joli casting (Denis Ménochet, toujours très intrigant, Emmanuelle Seignier, Jean-François Balmer) et ne cesse de multiplier les touches d'absurdes. Ainsi, l'apparition des propriétaires de la galerie, deux jumelles, est l'origine d'une scène décalée, qui est un peu à l'image de l'ensemble du film : comment faire déraper, par petites touches, la réalité, au point que tous les repères, même les plus solides, cèdent ? C'est ce climat parfois drôle, parfois angoissant, souvent déstabiblisant, que donne voir Ozon dans son dernier film, que je conseille vivement.

 

Autres films de François Ozon : Le refuge, Potiche

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commentaires

Guillome 07/11/2012 17:40


nous sommes allés voir ce film 2 fois, tellement il nous a plu. François Ozon a ce talent de se renouveller sans cesse, tout en restant fidèle à ses thèmes de prédilection. Révélation pour ce
jeune acteur, couplé d'un Luchini top! nous sommes conquis!

Yohan 17/11/2012 13:29



Je coris que le film a conquis beaucoup de spectateur. Ozon n'est pas un réalisateur très connu, mais c'est vraiment une veleur sûre. et il le confirme de film en film.