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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 19:02

crise-au-sarkozistan.jpgImaginez un journaliste étranger, envoyé par sa rédaction en France. Mais pas un étranger d'Europe, un étranger de plus loin, venus de pays qu'on considère souvent comme non-démocratiques, avec un nom en -stan. Son objectif : rédiger des reportages sur la vie démocratique en France. Et bien, le résultat est saisissant : loin d'être un modèle de démocratie, la France est un Etat dans lequel la corruption, les avantages liées à la fortune ou à la naissance et les renvois d'ascenseur sont légion. Mais comme on refuse d'ouvrir les yeux, il faut bien qu'un étranger s'y colle.

 

Cette position, c'est celle qu'a choisie l'équipe d'Arrêt sur Images, menée par Daniel Schneidermann. En 13 chapitres et un savoureux épilogue, notre journaliste étranger décrit les moeurs de la République, et cela n'est pas joli du tout. Prenons le premier d'entre nous : lors de ses déplacements hors de la capitale, il installe des cordons de sécurité pour être sûr de ne pas avoir à entendre des citoyens mécontents. Les seuls pouvant entrer dans le périmètre, ce sont les encartés de son parti. Et que dire de sa volonté d'installer son fils dans les plus hautes instances du pays. Mais cela vaut aussi pour le faucon Hortefeux, spécialisé dans les campagnes contre les roms ou les sans-papiers.

 

Notre journaliste s'attache aussi au décryptage médiatique. Sous couvert d'euphénismes, on ne parle pas de corruption, mais de conflit d'intérêt, ou de délit d'initiés. Tout cela porté par quelques médias complaisants comme Le Fiagro, mais aussi par une elite journalistique inamovible depuis 40 ans (Duhamel, Elkabbach). Du coup, Internet apparaît comme un repaire de brigands qui osent émettre d'autres idées, et le Petit Journal atteint le statut d'opposition en étant le plus souvent inoffensif (d'autant plus que le Grand Journal est certainement l'endroit le moins dangereux pour n'importe quel homme en vue, politique, artiste ou journaliste).

 

En remettant en perspective toutes les bassesses et facilités accordées aux puissants et aux amis, ce petit ouvrage permet de ne pas oublier que ce président est le président des riches. Expression rendue populaire par les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, qui eux pratiquent une veille sur les avantages du gouvernement envers les milieux de l'argent. Deux veilles complémentaires, et qui sont nécessaires dans cette période où on criminalise à tout va, ponctionne à qui mieux-mieux, mais toujours dans le même sens. Une lecture qui fait froid dans le dos, mais qui décrit la direction prise par le gouvernement Sarkozy.

 

Crise au Sarkozistan, préface de Daniel Schneidermann, Arrêtsurimages.net

Ed. Le Publieur

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commentaires

dasola 31/01/2011 19:53



Bonsoir, je dois lire prochainement "Le président des riches" qui doit être assez édifiant. Vivement 2012, enfin j'espère. Bonne soirée.



Yohan 01/02/2011 19:11



J'ai eu l'occasion d'assister à une réunion publique avec les Pinçon-Charlot la semaine dernière, et de fut fort intéressant. ta lecture ne devrait pas te laisser indifférente. Et pour 2012, rien
n'est fait, malheureusement !



F. 31/01/2011 14:52



"P'taaain... tu vas avoir des problèmes, toi !"


Je préfère d'ailleurs rester anonyme et ne pas être citée sur ce repaire de brigands ;-)



Yohan 01/02/2011 19:10



Ouais, je sais... En même temps, tant que je ne reçois rien d'Hadopi...