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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 18:18

comme-au-cinema.jpgMêler la chronique judiciaire et le monde du cinéma n'est pas forcément chose aisée. Sauf si on considère que le travail d'avocat est proche de celui de comédien. C'est ce que fait Hannelore Cayre dans cette fable judiciaire drôle et enlevée. 

 

Le décor est assez original. L'intrigue se joue entre Chaumont, où se situe le tribunal, et Colombey-les-deux-églises, connue pour son mémorial consacré à de Gaulle. L'auberge, habituée à accueillir les vedettes de passages, rassemble les acteurs du procès d'Abdelkader Fournier, qui se tient à Chaumont, et les acteurs venus pour le festival Résistances. Jean et Anne Bloyé ont en effet pour mission de défendre Fournier, braqueur de plusieurs banques qui a refusé de dénoncer ses acolytes et qui passe pour un homme gentil et simple. Malheureusement, il va devoir se frotter au Président Anquetin, réputé pour son bon goût de fourchette et son intransigeance, en particulier envers ceux avec un nom à consonance étrangère.

 

En même temps se déroule un festival de cinéma avec pour invité principal Etienne Marsant, ancienne vedette adulée par les plus âgées, aujourd'hui reclus en Suisse aux côtés d'une femme qu'il cherche à fuir à tout prix. Le personnage fait indéniablement penser à Gérard Depardieu, par son physique et son évolution de carrière. Marsant s'ennuie donc un peu, flirte avec la serveuse de l'hôtel qui cherche à oublier une histoire d'amour terminée.

 

Ces deux mondes peuvent donc sembler éloignés. Mais dans une zone rurale, où les personnes les plus influentes fréquentent les mêmes lieux, il est facile de se rencontrer. C'est Jean Bloyé, l'avocat, obnubilé par le nombre de vues de la vidéo d'Augusteen Granger sur Internet (pourquoi cacher sous un pseudo peu efficace Justin Bieber), qui lance la grande idée : mélanger, au tribunal, le monde judiciaire et le monde du spectacle. C'est selon lui le meilleur moyen pour mettre en défaut le Président et se mettre les jurés dans la poche.

 

Le roman est visiblement bien documenté sur le plan judiciaire. Il faut dire que son auteur est avocate pénaliste. Elle réussit néanmoins à sortir de la rigidité et du formalisme de l'institution judiciaire pour y introduire de l'humour, des touches de drôlerie. Ainsi, elle signe un joli morceau de bravoure littéraire au moment du choix des jurés, où elle donne à lire les pensées d'Anne Bloyé qui explique les raisons des acceptations et récusations. C'est un roman très agréable, qui fait sourire avec une galerie de personnages bien campés.

 

Comme au cinéma d'Hannelore Cayre

Ed. Métailié

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