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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 22:24

c-etait-hier.jpg[Déjà paru sur Biblioblog] Certaines pièces de théâtre, très plaisantes sur scène, sont plus difficiles à lire. En ce qui concerne l'œuvre de Harold Pinter, la lecture est assez aisée, et la tension contenue dans les échanges est assez bien rendue. Et même si tout cela ne vaut pas une bonne mise en scène, une plongée dans l'œuvre de l'auteur de théâtre britannique du XXe le plus connu est assez instructive.

 

Car la force de l'écriture de Pinter, c'est de laisser la place à la tension et au mystère. Ici, on se trouve face à un trio : Deeley et sa femme, Kate, attendent l'arrivée d'Anna. Anna et Kate étaient amies, il y a longtemps, mais ces retrouvailles sont les premières depuis des lustres. Elles ont certainement des tas de choses à se raconter : Anna sur sa vie en Italie, Kate sur la sienne dans la campagne anglaise. Mais les souvenirs reviennent, et chacune a retenu des choses différentes. Pour Kate, Anna est celle qui lui a emprunté ses sous-vêtements, quand elles étaient jeunes.

 

Tout semble donc se dérouler convenablement, entre personnes de bonne compagnie. Et puis, cela bascule. Car Deeley se souvient à son tour d'Anna. De l'avoir rencontrée, dans un taverne, et d'avoir essayé de la séduire. Anna n'en a aucun souvenir. Cette confrontation des personnages à travers leurs souvenirs est assez saisissante et Pinter, en quelques répliques, parvient à donner une épaisseur aux personnages et un ton aux conversations.

 

Et, en plus de cette tension, il y a le mystère. Je ne le révélerai pas ici, pour préserver la lecture des béotiens comme moi qui une fois la pièce terminée, ont envie de s'y replonger pour comprendre qui sont vraiment ces trois personnages. Une pièce courte, mais qui tient le lecteur en haleine et le bouscule, petit à petit et de plus en plus fortement, dans ce qu'il pensait avoir saisi des personnages.

 

C'était hier, d'Harold Pinter

Traduit de l'anglais par Eric Kahane

Ed. Gallimard

 

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