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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 14:30

Je crois que je commence à accepter ce que j'avais du mal à faire jusque-là : abandonner un livre dont je sens que la lecture sera longue et laborieuse. C'est exactement ce que j'ai fait avec le dernier roman d'Elisabeth Jacquet, dont je n'ai malheureusement pas eu le courage de poursuivre la lecture.

 

Pourtant, le titre, évoquant Flaubert et sa fameuse phrase au sujet de Emma Bovary a l'avantage de me séduire à peu de frais. Bien que ne connaissant pas Anna Karénine, je m'imaginais pouvoir plonger dans le roman sans trop de difficulté. Pourtant, les obstacles furent nombreux et parfois inattendus.

 

Car l'idée d'Elisabeth Jacquet est de raconte la vie d'Alice Quester, jeune femme qui aime tracer des parallèles entre l'existence qu'elle mène et celle d'Anna. Plus largement, elle cherche dans le comportement de ses proches les caractéristiques des personnages de Tolstoï, et plonge même dans la biographie de l'auteur russe. Mais sa présentation des passages d'Anna Karénine ressemble trop à des résumés un peu scolaires pour être embarqué. Surtout, n'ayant pas lu le roman initial, j'avais l'impression de découvrir rapidement une histoire qui originellement prend le temps de s'installer. Ici, en quelques lignes, les amours et les hésitations d'Anna sont évacuées.

 

Mais le souci principal que j'ai rencontré dans ma lecture ne vient pas de là. Ce qui m'a finalement poussé à jeter l'éponge, c'est la narration et l'écriture très hachée utilisée par l'auteur. J'avais l'impression de lire de courts paragraphes, me faisant sauter d'un personnage à l'autre sans que j'ai le temps de m'y intéresser vraiment. Au final, ce sont des ombres, et la confusion et la résignation l'ont emportée sur mon envie de continuer cette lecture.

 

Je n'aurai peut-être pas parlé de ce roman si je ne l'avais pas reçu dans le cadre de Masse critique, mais puisque la règle du jeu veut que le livre est envoyé contre un billet, je ne me suis pas posé trop de questions. Mais autant dire que celui ou celle qui veut ce livre n'a qu'à se signaler, je serai ravi de le lui envoyer, afin de donner une nouvelle chance à ce roman dans les mains d'un ou d'une autre.

 

Anna Karénine, c'est moi, d'Elisabeth Jacquet

Ed. Philippe Rey

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commentaires

Ann 02/09/2010 11:16



Je débarque un peu tard et surtout je vais aller à contre-courant : j'ai vraiment aimé le livre. C'est vrai, le début est un peu laborieux, mais très vite j'ai adhéré à l'histoire. Peut-être
parce qu'il m'arrive de faire comme la narratrice, faire des parallèle entre les romans lus et ma vie. L'écriture est singulière, minimaliste, mais une écriture plus traditionnelle aurait
rendu le tout beaucoup trop indigeste à mon sens. Je n'avais pas lu Anna Karénine non plus, je l'ai commencé juste après avoir fini ce livre...


  Tout les goûts sont dans la nature et heureusement !



Yohan 09/09/2010 22:21



Mais c'est très bien, un avis à contre-courant ! Je n'ai définitivement tiré un trait sur ce roman, mais je pense lire Anna Karénine avant ! En tous cas, ce roman a trouvé quelques lecteurs,
c'est le principal !



Karine :) 23/04/2010 13:52



Je voulais le lire juste pour Anna Karénine mais finalement après les avis, j'ai décidé de laisser tomber.  Je ne pense pas que c'Est pour moi en ce moment...



Yohan 01/05/2010 12:01



Il est vrai que les avis ne sont pas très enthousiastes. Je pense lire Anna karénine cet été, avant éventuellement de m'y replonger ensuite.



Claude Howell 20/04/2010 22:59



Moi aussi, j'ai eu beaucoup de mal à "entrer" dans ce roman, et je supportais très mal tout ce qui renvoyait à Anna Karénine, lu il y a fort
longtemps et beaucoup aimé, mais je me suis accrochée (ce que je ne fais pas toujours) et finalement, j'ai réussi à accepter ce type d'écriture (compliquée...) et même à trouver certains
passages intéressants. Je ne connaissais pas cet auteur et je vais essayer de lire d'autres titres d'elle. J'ai la chance d' être adhérente d'une très bonne bibliothèque et de pouvoir ainsi faire
beaucoup de découvertes. C.H.



Yohan 21/04/2010 16:02



Je le garde donc sous le coude, pour le reprendre après avoir lu Anna Karénine. Il est intéressant de voir qu'on peut s'accrocher pour y trouver du plaisir. Merci de votre visite et de me donner
envie de redonner une chance à ce roman, Claude.



Voyelle et Consonne 05/04/2010 09:48



Il m'a aussi fallu beaucoup de temps pour parvenir à abandonner un livre en cours de lecture. C'est d'autant plus culpabilisant quand tu es prof: j'ai du mal à accepter que mes élèves fassent de
même!


Dans ce cas-ci, cela t'aura peut-être donné envie de lire Tolstoï?



Yohan 05/04/2010 17:56



Je n'ai ce réflexe scolaire, car j'en suis sorti depuis assez longtemps pour ne pas avoir ce souvenir. Mais effectivement, j'ai bien envie de lire Anna Karénine, à présent !



pom' 04/04/2010 08:34



abandonner un lecture laisse souvent un sentiment d'echec mais cela doit rester un moment de détente



Yohan 05/04/2010 17:55



Oui, je le ressens assez comme ccela : l'auteur tente de faire passer son histoire, son imaginaire, et j'y suis hermétique. Comme quoi, on ne peut pas être ouvert à tout !