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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 07:30

adieu-a-la-croissance.jpgEn cette période de cris d'effroi et de larmes de crocodile face à la perte du triple A, il est urgent de se plonger dans des ouvrages donnant une autre vision de l'économie. Lire les écrits de Jean Gadrey est une bonne opportunité pour remettre en perspective tous les discours actuels sur la crise, l'état de guerre qui nous menace et la religion de la croissance.

 

Jean Gadrey, spécialiste de l'économie des services et des indicateurs de richesse alternatifs au PIB, présente les raisons pour lesquelles la croissance ne doit pas être l'alpha et l'oméga de la politique économique. La première question qu'il pose est de savoir si la croissance permet le développement humain (durée de vie, scolarisation,...). En analysant les résultats sociaux de nombreux pays en fonction du PIB par habitant, il en arrive à la conclusion qu'une hausse permanente du PIB ne permet pas une hausse proportionnelle des performances sociales. Pire, il montre qu'il existe un seuil au-delà duquel la croisssance du PIB est déconnecté des conséquences sociales.

 

Il s'attaque ensuite à la question inévitable : la fin de la croissance signifie-t-elle la hausse du chômage ? Pour Gadrey, cela ne signifie pas nécéssairement fin de l'emploi. Il faut réorienter l'emploi, vers plus de solidarité, plus de développement durable (énergies renouvelables), plus de coopération, en opposition avec la politique actuelle de concurrence. Les limites du calcul du PIB (qui considère les activités de dépollution, faisant suite à des activités polluantes comme deux activités créatrices de richesses, alors que l'environnement est démoli) font qu'un redéploiement des activités vers l'économie sociale et solidaire (associations, coopératives,...) n'aura pas d'effet positif sur la croissance, mais aura des effets positifs sur l'emploi.

 

Fondamentalement, Jean Gadrey prône le "mieux-être" face au "plus-avoir". Il répond également à l'autre question inévitable liée à la croissance : les pays pauvres ne vont-ils pas être les premiers à payer les conséquences d'un arrêt de la croisssance ? Gadrey défend l'idée qu'il est primordial pour eux de les diriger vers une économie qui ne met pas en avant la croisssance du PIB. Il cite quelques exemples montrant que les pays en développement intègrent cette réflexion, parfois plus que les pays occidentaux. Ainsi, la réserve pétrolière de Yasuni, en Equateur, a été enlevé aux prédateurs financiers pour préserver l'environnement exceptionnel du lieu, avec un savant et habile mélange de compensations financières pour les habitants.

 

Pour Gadrey, le capitalisme, même réformé, ne peut pas être la base du nouveau système durable et viable. Et c'est cet élément de réflexion qui manque à de nombreux programmes politiques. Jean-Luc Mélenchon, avec la planification écologique, a pris ce sujet à bras le corps, et semble le mieux à même pour développer un tel changement structurel.

 

Le blog de Jean Gadrey

 

Adieu à la croisssance - Bien vivre dans un monde solidaire de Jean Gadrey

Ed. Alternatives économiques - Les petits matins

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