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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 09:52

a l'ouest rien de nouveau1917. Paul a décidé, avec quelques camarades, de quitter le collège et de s'engager dans l'armée allemande. Un de leur professeur, par son discours militariste et patriotique, les a poussé à prendre part à cette grande guerre qui oppose l'Allemagne à la France et l'Angleterre. Les jeunes feront donc l'apprentissage douloureux de la guerre, dans tous ses aspects.

 

Remarque signe avec ce roman une très belle et pathétique fresque de cette jeunesse qui a été sacrifiée sur les fronts de la Somme ou des Flandres. En prenant le parti de suivre des jeunes gens, il accentue l'aspect scandaleux de cette guerre, car hormis quelques moments de détente, ces jeunes-là y perdent leur temps, et très souvent leur vie.

 

Mais Remarque ne se contente de décrire les combats. Si les batailles dans les tranchées, les assauts au front côté allemand ou français ou les attaques au gaz asphixiant sont très bien rendues et poignantes, elles n'occupent qu'une part de l'ouvrage. Celui-ci s'ouvre d'ailleurs à l'arrière du front, où les jeunes soldats répondent aux ordres imbéciles d'un de leur supérieur, qu'ils auront d'ailleurs l'occasion de ridiculiser par la suite, comme si toute cette folie ne pouvait pas anihiler les blagues potaches de ces jeunes adultes. On se retrouve également souvent dans les hôpitaux, que ce soit avec Paul quand il rend visite à un de ses camarades dont on a amputé la jambe en vain, ou lorsque Paul est lui même hospitalisé suite à une attaque venue des lignes ennemies.

 

C'est d'ailleurs pour moi une des grandes qualités du livre. En sortant de la zone des combats, l'auteur parvient à faire ressentir cette peur, cette angoisse qui étreignent ceux qui sont à l'arrière ou en permission, et qui savent pertinemment que ce sera très bientôt leur tour de retourner au front.  D'autant que la hiérarchie ne semble pas porter une grande attention à leur devenir, comme l'illustre le télégramme qui donne son titre au roman et qui tombe le jour d'une nouvelle hécatombe dans les rangs allemands.

 

C'est également intéressant de lire le récit du côté allemand. Même si je ne doutais pas une seconde que la guerre fut aussi terrible d'un côté comme de l'autre, cela illustre bien la boucherie que fut ce conflit. Remarque y fait part de son grand pacifisme, et j'aurai bien aimé savoir comment le livre fut reçu en France, dans ces années 30 où le pacifisme a encore un poids important, mais où il doit faire face à la montée des régimes autoritaires dans les pays voisins. Il est d'ailleurs à noter que la traduction du texte  (et visiblement première publication) en français pour cette édition date de 1956... Ce qui semble tardif pour un roman publié en Allemagne en 1928. defi classiqueRéticences des français à montrer que la guerre fut  également une horreur en Allemagne ?  En tout cas, un livre à lire pour (finir de) se convaincre que cette guerre fut une horreur sans nom (comme beaucoup d'autres, d'ailleurs).

 

A l'ouest rien de nouveau, de Erich Maria Remarque

Traduit de l'allemand par Alzir Hella et Olivier Bournac

Ed. Le livre de poche

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commentaires

Blanquinque 27/04/2013 15:31

C'est une profonde erreur que d'écrire que la 1ère édition française remonte à 1956
J'ai entre les mains une édition chez Stock datant de 1929, date de sa publication en Allemagne.
Votre jugement sur le retard apporté à la parution en France est donc entièrement FAUX ...
les traducteurs sont d'ailleurs ceux que vous citez...Meilleures salutations
F.B.

ta d loi du cine 27/09/2010 21:01



A lire aussi, de E.-M. Remarque, "Les camarades" (le film qui en a été tiré s'appelle "Trois camarades", me semble-t-il). Ue belle histoire d'amis et d'amour...


(s) Ta d loi du cine, "squatter" chez dasola



Yohan 03/10/2010 11:28



Merci pour cette recommandation, que je note. Et ne t'en fais pas, sii Dasola te laisse la place, tu as bien raison de squatter ;-)



In Cold Blog 27/09/2010 15:10



C'est un titre que j'ai souvent croisé dans la bibliothèque paternelle sans jamais m'y arrêter, craignant un texte un peu désuet. De toute évidence, il n'en est rien.



Yohan 03/10/2010 11:28



Non, je n'ai pas trouvé cela désuet. Je trouve justement que le fait de suivre des jeunes adultes donne au récit une justesse et une force supplémentaire. Et si le style peut paraitre daté, il
est tout de même très agréable.



Céline 27/09/2010 07:23



Je l'ai dans ma PAL depuis très longtemps, et je n'ai jamais eu envie de l'ouvrir. Ton billet me fait changer d'avis !



Yohan 03/10/2010 11:27



C'est un roman très fort, qui permet d'explorer comment un auteur allemand s'empare du sujet, souvent considéré de ce côté-ci de la frontière d'un point de vue français. Et on voit bien que les
traitements ne sont pas très différents...