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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 07:33

Ce court essai, lu en une vingtaine de minutes, est une approche très intéressante et éclairante des politiques actuellement mises en œuvre dans le monde de l’Education Nationale. En quelques pages, le lecteur comprend que toutes les lois et mesures votées depuis 2002 par les gouvernements successifs ont un sens, et qu’il va malheureusement vers le moins-disant.

 

L’auteur de cet ouvrage est Bastien Cazals, directeur d’une école maternelle de l’Hérault, et connu pour être une des figures de proue du mouvement de désobéissance qui a cours dans ces écoles.  Son parcours est intéressant : scientifique, il passe par les classes prépa avant d’intégrer une école d’ingénieur. Puis, mal à l’aise dans le monde de l’entreprise privée, lieu de la concurrence à tout crin, il se tourne vers un milieu qui lui semble plus coopératif et humain : l’éducation. Depuis 2002, il est donc professeur des écoles, et directeur depuis 2004.

 

Son propos est de remettre en perspective l’ensemble des mesures gouvernementales, et de monter leur cohérence. De la diminution des effectifs, élément le plus visible (16 000 suppressions encore annoncées en 2010) à la transformation du mode de recrutement et de formation (le stage avec horaires adaptés (6 heures au lieu de 18h) est supprimé, et on envoie les nouveaux professeurs à temps plein dans des classes), en passant par la tentative de réforme du lycée qui va revenir sur le tapis ou le changement des maternelles, toutes ces mesures ont un seul objectif : réduire les dépenses, sans réfléchir un seul instant aux pertes que celui induit, notamment en terme de services publics. Car il est bien entendu que ce qui n’est plus fait par l’Etat, comme l’accueil des enfants en maternelle dès 2 ans, permet à des entreprises privées de s’emparer des marchés juteux qui le gouvernement lui offre.


L’autre élément qui ressort est cette destruction d’un système qui fonctionne globalement correctement, pour montrer que ça ne marche pas et qu’il faut tout casser. Ce qui a lieu pour la Poste  ou la Sécurité Sociale s’applique également à l’enseignement. Symbole de cette dérive, le statut des professeurs remplaçants, qui connaissent aujourd’hui des conditions de travail difficiles (informations reçues au dernier moment), et qui sont parfois nommés en dépit du bon sens. Ce qui conduit à ce que des élèves se retrouvent sans professeru à la rentrée, le système fonctionnant quasiment à flux tendu. C’est en presque à croire qu’en ne permettant pas aux enfants d’avoir une école digne de ce nom, hormis pour les plus aisés, on cherche à les écarter de la vie démocratique et de la vie en société, en les laissant se dépatouiller seul dans leur gadoue. Malheureusement, de telles situations se retournent souvent contre ceux qui souhaitent en profiter, et pas toujours de la manière la plus pacifique qui soit…

 

Sur l’aspect désobéissance, Bastien Cazals ne s’étend pas, mais le portrait qu’il dessine est assez éloquent pour justifier sa volonté de ne pas répondre à toutes les demandes académiques, qui sont loin de toutes être fondées !

 

Je suis prof et je désobéis, de Bastien Cazals

Ed. Indigène - Ceux qui marchent contre le vent

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commentaires

La Nymphette 08/10/2009 23:04


Très intéressant... notamment pour compléter nos lectures sur le thème http://plus.over-blog.com/article-32727461.html!


Yohan 11/10/2009 15:43


Effectivement, c'est pile dans le thème. Lui, c'est plutôt : j'ai fait une école d'ingénieur et la concurrence m'a tué !


Gio 07/10/2009 16:10


Je l'ai rajouté dans ma LAL hier après avoir vu un autre article dessus !!


Yohan 11/10/2009 15:41


J'espère que ce billet ne t'a pas  dissuadé de le lire ;-)


Franck Bellucci 05/10/2009 16:04


Certainement intéressant en effet, mais je n'ose lire cet essai qui risque fort de me renvoyer du système éducatif une image d'autant plus désolante qu'elle est sur certains points justifiée !


Yohan 06/10/2009 20:00


Le plus intéressant est de montrer la cohérence de toutes ces mesures, qui paraissent décousues, mais répondent toute à la meme idéologie : pouvoir faire de l'argent partout où on peut