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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 09:19
L’histoire du groupe Manouchian est relativement célèbre. Groupe de résistants étrangers, ils ont combattu les nazis, luttant avec leurs moyens contre les occupants et la police française. C’est l’histoire de ce groupe et de ses membres qu’a décidé de raconter Robert Guédiguian dans son dernier film, l’armée du crime.

Suite à la rupture du pacte germano-soviétique, les communistes se lancent dans la Résistance. Avec l’aide des appuis étrangers communistes implantés en France, Missak Manouchian, d’origine arménienne, monte un groupe, composé d’immigrés, de juifs, de communistes, dans lequel il recrute des jeunes hommes motivés et des soldats aguerris, notamment par la guerre d’Espagne. Les attaques contre les nazis se succèdent, mais le filet tendu par la police française se resserre autour du groupe.

Robert Guédiguian signe une fresque historique parfaitement documentée, sur le rôle des communistes (qui restent calmes jusqu’à l’invasion de l’URSS, en 1941), sur la reconstitution des cours industrielles où logent les immigrés, sur la place de la police française lors de cette période, que ce soit lors de la rafle du Vél’ d’Hiv’, où les français ont agi seuls, ou dans la traque des opposants à l’Etat français. C’est d’ailleurs le représentant de cet Etat qui baptisera ce groupe l’armée du crime, dont les membres sont devenus des adversaires à éliminer après qu’ils s’en soient pris à un ponte nazi.

Pour l’aspect historique, il n’y a rien à dire, Guédiguian assumant même en fin de film par un avertissement un travestissement de certains faits pour écrire ce film. Cette honnêteté intellectuelle est tout à son honneur, comme sa volonté de remettre ce film dans son contexte historique (ce qu’il a fait lors de la présentation rapide à laquelle j’ai assisté) : un film qui relate les faits d’un groupe dont les hommes de gauche peuvent être fiers. Et qui montre, en ses temps hostiles aux étrangers, qu’il ne suffit pas d’avoir la nationalité française pour défendre la patrie qu’on aime.

Certains lui reprocheront son aspect formel, didactique, mais c’est une faiblesse qui ne masque pas toutes les qualités de ce film. En présentant la vie de ces hommes et de cette femme ordinaires sans artifices, dans leur vie privée, il évite justement d’en faire des héros, pour insister sur la dimension collective de cette histoire. Et le tout est impeccablement servi par un casting aux petits oignons, Simon Abkarian en tête. Allez, je vais en citer quelques uns : Grégoire Leprince-Ringuet (toujours très bon), Robinson Stévenin, Adrien Jolivet, Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride (avec certainement la scène la plus émouvante du film), Yann Tregouet, Lucas Belvaux (parce que c’est lui, même si c’est un petit rôle), Gérard Meylan. Même Virginie Ledoyen, que je n’adule pas vraiment, s’en tire bien (Oui Julie, il faut que je vois Jeanne et le garçon formidable !).

Si l’ensemble est formel et assez classique, le tout est prenant, et Guédiguian a le mérite de faire exister ce film, dont les nombreuses qualités cachent les petits défauts.

L’avis de Pascale (emballée), de Sandra (qui préfère le plus crépusculaire et magnifique l'armée des ombres), de Choupynette (qui s'est ennuyée).

Et en bonus, l'affiche rouge par Léo Ferré Leny Escudero (car la version Ferré n'a pas l'air de fonctionner), qui interprête le poème qu'Aragon a écrit pour rendre hommage au groupe Manouchian.

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commentaires

Julie 28/10/2009 09:40



Bon, je reconnais des qualités à ce film : oui il a un côté vie réelle, antihéros qui est bien. Mais alors le coup de la musique classique pendant la torture, non (il ya trop de musique,
d'ailleurs, ça soûle au bout d'un moment). Comment Guédiguian a pu se laisser aller à un truc dégueulasse comme ça? Ensuite, en sortant, j'ai eu une curieuse impression : c'est
d'abord une femme qui va dénoncer un gars du réseau (la concierge) et ensuite Monique qui se laisse avoir pour survivre et qui permet  à la police de traquer le réseau :"ah si les
bonnes femmes savaient tenir leur langue". Voilà, au final tu l'as compris : je n'ai pas aimé le film! (quant à Ledoyen j'avais un peu peur : Mélinée L'Oréal ouille! Encore une manie de cinéaste
de toujours engager des actrices jolies alors que les acteurs c'est leur personnalité qui compte. En fait elle ne s'en sort pas trop mal...).



Yohan 28/10/2009 23:30


Allez, reprenons point par point !

- Sur la musique, je te rejoisn totalement : Alexandre desplats est en vue partout, mais là, c'est vraiment trop ! Pourtant, Guédiguian avait l'air content de cette musique...

- sur la place de femmes dans la trahison, je t'ai répondu, mais je ne partage pas complètement ce point de vue (le personnage d'Ariane Ascaride est loin de correspondre à ce tu décris).

- Sur Virginie Ledoyen, comme toi, j'étais sceptique, et comme toi, j'ai été agréablement surpris. Ce ne sera pas un Oscar, mais elle s'en tire plutôt bien (mais effectivement,
j'aurai attendu quelqu'un d'autre, sans vraiment d'idée en tête d'ailleurs.)

Voilà, j'espère que je n'ai rien oublié ;-)  


amanda 23/09/2009 20:19


je ne l'ai pas encore vu, mais je vais y aller, d'autant que l'un des comédiens de notre troupe y joue (son personnage est Celestino quelque chose) un de ses premiers rôles au ciné.


Yohan 27/09/2009 17:54


Quelle expérience hors du commun se soit etre de jouer dans une telle production, d'époque, sur un sujet aussi important et avec des acteurs aussi bons. J'espère que tu me raconteras !!!


Sibylline 23/09/2009 20:06


Je n'ai pas utilisé le lien, mais j'ai le disque depuis quelques décennies et je connais cette chanson par coeur ;-)


Flo 23/09/2009 17:33


Zut, le lien ne marche pas pour moi. Cette chanson me fait pleurer à tous les coups... ("et je te prie de vivre et d'avoir un enfant"... )
Sinon, en plus drole, j'adore quand tu dis : "Lucas Belvaux : parce que c'est lui." Bah oui, tout simplement... ;-)


Yohan 27/09/2009 17:53


J'ai essayé de changer cela, mais je ne sais pas si j'ai réussi...
Pour Belvaux, il le mérite bien, et il faudrait tout de meme que je consacre un billet à un de ses films, un jour !


Sibylline 23/09/2009 11:33


Poème et chanson superbes!


Yohan 27/09/2009 17:52


Je confirme !