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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 22:41

Eduardo Rymar est au service du Roi du Portugal. Face à l’avancée de l’armée napoléonienne qui menace son pays, une partie de la Cour se rend au Brésil, possession de l’autre côté de l’Atlantique. Rymar reçoit l’ordre d’accompagner la cour, contre son gré : il voudrait combattre, défendre sa patrie face aux envahisseurs. Il est d’autant plus aigri que sa seule mission est d’accompagner les instruments de musique de la Cour lors de la traversée, et de les livrer sans dommages au Brésil. Sa carrière militaire est mise entre parenthèse, mais il transpose sur ses enfants les rêves de gloire qu’il n’a pas pu réaliser.

 

Le colonel désaccordé est Eduardo, cet homme qui rêve d’être connu pour ses exploits militaires et de redonner son lustre au nom qu’il porte. Mais, pour des raisons obscures, il est mis à l’écart, condamné à surveiller ces pianos, lui qui ne connaît rien à la musique. Son aigreur augmente, et il abandonne peu  à peu ses missions en les laissant à son homme de main, Querubim. Il n’arrive pas à se faire à ce pays, où les indiens et les métis sont en grand nombre et se mélangent aux blancs, où rien ne ressemble à son ancienne patrie chérie. Le prince lui propose alors d’épouser une femme, et c’est avec Rosalia qu’il fondera une famille, composée de deux fils et un enfant.

 

La deuxième partie du récit s’attarde sur le personnage d’Angelo, le fils de Rosalia qu’Eduardo Rymar prend sous son aile après le mariage. Mais le fils s’éloigne rapidement de la carrière militaire voulue par son père, et se tourne vers la musique, au grand dam de ce dernier. Cette seconde partie, avec la formation d’Angelo à l’Académie militaire et les campagnes dans les régions du nord du Brésil, est assez passionnante. Le début de l’ouvrage, s’il donne l’occasion de scènes intéressantes (notamment la traversée en mer), est plus long à se mettre en place. Cette difficulté est certainement liée au personnage d’Eduardo Rymar, homme sûr de son pouvoir et de sa force, assez antipathique. Mais peu à peu, le récit prend de l’ampleur, et le lecteur se laisse emporter par l’écriture un peu surannée et très classique d'Olivier Bleys. Petit regret : deux dernières pages un peu décevantes (voire de trop), qui suivent de très belles scènes dans la salle à manger d’une maison en ruine et de remontées de fleuves en pirogue.

 

Ce roman est surtout l’occasion d’une très instructive plongée dans le Brésil du début du XIXeme Siècle. Période pendant laquelle le Brésil prend son indépendance, événement qui ne transparaît que par instants, en toile de fond, et qui ne modifie pas fondamentalement la vie des protagonistes de ce roman. En laissant de coté cet événement historique, l’auteur prend le parti d’indiquer que l’indépendance, si elle est importante pour les autochtones, est sans grande conséquence pour les colonisateurs. Mais l’histoire finit par rattraper la famille Rymar, par là où elle l’attend le moins…

 

L’avis de Choupynette.

 

Livre lu dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio.

 

Le colonel désaccordé, d'Olivier Bleys

Ed. Gallimard

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commentaires

zarline 09/07/2009 16:50

je l'avais aussi coché pendant l'opération masse critique, mais au final j'avais reçu un autre livre. Ca me donne quand même envie, je note.

Yohan 31/07/2009 17:12


Un roman intéressant, qui permet de connaitre un peu mieux l'histoire du Brésil.