Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 08:19

Au fin fond de la Patagonie argentine, Antonio est le propriétaire d’un grand domaine. Agé de 80 ans, il est diminué physiquement, doit rester allongé et son seul contact avec l’extérieur se fait par la fenêtre de sa chambre. Mais persuadé de sa vigueur, il essaie de marcher, pour montrer à son fils qu’il n’a pas vu depuis longtemps qu’il est encore vaillant. Mais un malaise au milieu d’un champ le ramène à la dure réalité.

 

La fenêtre est un film qu’on pourrait appeler crépusculaire, sur la fin de ce vieil homme, entouré de sa gouvernante et du personnel de maison dans cette demeure abandonnée dans la campagne. Les seuls personnages extérieurs sont un accordeur de piano (qui donne aux films de jolies scènes, comme la découverte des soldats de plomb dans le piano) et les jeunes qui lui viennent en aide après son malaise. Il ne pourra pas vraiment profiter de son fils et de sa fiancée, qui lui rendent visite.

 

Si je parle de ce film, ce n’est pas spécialement pour en parler longtemps, car l’ensemble m’a paru assez anodin et sans grand intérêt. Je voudrais en fait évoquer les précédents films de Carlos Sorin, qui s’ils mettent souvent en scène des personnes en rupture avec leur famille, prenaient le parti de voyager à travers l’Argentine, ce qui donnaient à ces films toute leur force.

 

Le premier d’entre eux, et le plus réussi à mes yeux, est Historias minimas. En racontant l’histoire de trois paumés qui tentent de recoller les morceaux de leur vie familiale, amoureuse ou financière, Carlos Sorin embarque le spectateur pour un périple passionnant sur les routes. Avec un VRP qui veut offrir un gâteau d’anniversaire en forme de ballon de foot, une jeune femme qui monte à la ville pour gagner à la loterie, et un vieil homme qui fuit son domicile pour retrouver son chien. Film touchant, avec ce je ne sais quoi qui en fait une très belle réussite.

 

Les deux films suivants reprennent le thème de la route, avec une quête loufoque de personnages paumés. Dans Bonbon el perro, un jeune homme va faire d’un chien une bête à concours de beauté. Dans El camino de San Diego, un jeune ouvrier forestier trouve une souche d’arbre, qui a pour lui la forme d’un Maradona triomphant. Lui prend alors l’idée d’offrir ce présent à l’idole footballistique du pays, en résidence un peu plus loin.

 

Dans ces trois films, on visite l’Argentine avec des personnages fêlés, brisés, qui tentent de se (re)construire. Cette veine, qui fait la force des ces films, est absente de La fenêtre, huis clos d’un vieux monsieur contraint de subir les effets de la vieillesse. D’où ma déception face à ce dernier opus, ce qui ne m’empêchera pas de continuer à suivre ce réalisateur argentin.

Partager cet article

Repost 0

commentaires