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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 16:08

Poursuite de la découverte de l’opéra avec une représentation de Tosca. Représentation attendue, car ratée l’an dernier pour cause de grève. Comme quoi, tout arrive à qui sait attendre (et ce n’est certainement pas moi qui leur jetterai la pierre sur le raté de l'an dernier !)


Floria Tosca est une cantatrice, vivant à Rome au début du XIXeme Siècle. Son amant, le chevalier Cavadarossi, peintre de son état, vient en aide à Angelotti, insurgé qui vient de s’échapper du Château Saint-Ange, et l’aide à se cacher. Scarpia, le despote qui tient la ville sous sa coupe, est prêt à tout pour capturer Angelotti, et utilise la jalousie de Tosca pour retrouver les fuyards. Il en profite pour que ses fantasmes envers Tosca se réalisent enfin.


Tosca est inspiré d’une pièce de Victorien Sardou, créée avec Sarah Bernhardt. L’intrigue est on ne peut plus appropriée à l’opéra : une histoire d’amour, de vengeance et de mort, le tout sur fond des ituation politique complexe, entre le pouvoir arbitraire de Scarpia et Napoléon qui, hors scène, remporte la victoire de Marengo.


Composé de trois actes, l’opéra met un peu de temps à se mettre en place. Le premier acte, le plus long et celui qui m’a le moins accroché, se déroule dans une église où Cavadarossi peint une fresque de Marie-Madeleine, dont les traits sont inspirés par une croyante venue prier. Ce qui irrite profondément Tosca, femme jalouse comme une teigne et très préoccupée par sa petite personne. Pas de grands airs dans ce premier acte, hormis un chant des deux amoureux. Le début de l’opéra, très direct (cela débute par la fuite d’Angelotti), est saisissant. Je suis un peu plus sceptique sur l’utilisation des chœurs, avec une mise en scène fastueuse pour un résultat assez limité.


Le deuxième acte se déroule dans le bureau de Scarpia. Le début est vraiment prenant, avec le mélange des voix de Scarpia et de Tosca, venant de l’extérieur, puis avec l’apport de Cavadarossi. L’intrigue est haletante, la mise en scène rend bien la torture que subit Cavadarossi, et le trouble de Tosca face au dilemme qu’elle affronte. Le personnage de Scarpia, utilisant « le faucon de la jalousie » qui étreint Tosca, est détestable, cynique et sans scrupule, et incarne à merveille le mal. Ce début de deuxième acte est fort réussi, et traduit bien la montée en puissance de l’opéra.


Le troisième débute par un long morceau musical, l’un des seul de l’opéra, puis arrive l’air le plus connu de Tosca, celui de l’amour désespéré de Cavadarossi. Acte court, qui a pour objet la fausse exécution de Cavadarossi, il permet de clore en apothéose un opéra à l’intrigue classique, mais assez surprenant sur la forme.

 

La mise en scène, signée Werner Schroeter, est très christique. Entre le premier acte qui prend place dans une église et qui se termine par un Te Deum et le décor du troisième acte qui rappelle explicitement le thème de la croix qui engloutit Tosca, les personnages voyagent dans un décor très marqué par la religion. Je n'arriverai pas à expliquer pourquoi ce choix a été fait, mais il m'a sauté aux yeux.

 

Concernant la distribution, Adina Nitescu incarne une Tosca torturée et James Morris un Scarpia détestable. Mais ma préférence va à Aleksandrs Antonenko, Mario Cavadarossi dévoué à sa cause politique et qui accorde plus d’importance à sauver son ami qu’à satisfaire Tosca.  


Opéra à  la frontière des XIXeme et XXeme siècle, Tosca est selon moi (et mes connaissance actuelles) un bon exemple de la transition entre l’opéra wagnérien, verdien ou romantique, et ce qui va arriver par la suite. Un joli spectacle, mais pas l’opéra le plus bouleversant que j’ai vu.

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commentaires

appartement à paris 21/05/2010 11:29



un des plus impressionant opéra jamais vu, merci pour cet article !



Yolio 22/05/2009 10:58

En effet, à mon goût également, ce n'est pas le plus renversant des opéras. Mais il y a tout de même de très belles pages. Comme je suis bon public de nature, j'ai aimé !http://yolio.over-blog.com/article-31727914.html

Yohan 27/05/2009 21:37



Bienvenu Yolio. Je pense également etre bon public, et cet opéra m'a plu, mais moins que les précédents que j'ai vu. De jolis moments, je suis d'accord pour cet opéra à l'intrigue au final
classique. Mais je ne regrette pas du tout ma soirée !



julie 22/05/2009 09:25

Je n'ai pas vu ce Tosca...mais sur le fait que tu as trouvé le spectacle sans plus : pour ma part je m'arrange autant que possible à l'opéra pour être en hauteur, donc pour voir l'orchestre. Je n'ai jamais été déçue par ce spectacle là! bon, évidemment il faut avoir de bons yeux à Bastille. Ou alors avoir des petites jumelles! Mais vraiment, voir un orchestre jouer, c'est fabuleux!

Yohan 27/05/2009 21:36


Merci du tuyau. Pour cette fois-ci, nous n'avions pas vu sur l'orchestre et nous n'avons pas eu le choix dans les places puisque prise dans un abonnement. Mais je note pour la suite...