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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 07:27

Non, avec ce billet, je n’évoquerai pas le clip de la chanteuse qui a laissé un souvenir impérissable à tous les jeunes garçons des années 1990, mais un ouvrage atypique signé Joy Sorman.

 

Mi-roman mi-essai, Boys, boys boys raconte la tentative d’une femme pour échapper à son sexe. Pas pour changer de sexe, mais pour s’affranchir de l’image sociale qui colle à toute femme. Mais aussi pour se rapprocher des groupes qu’elle n’est pas habituée à côtoyer : celui des hommes. On suit donc cette trentenaire qui se cherche, qui tente de briser les conventions sexuées. Cela ne se fera pas sans mal, et bien entendu, aucune réponse ne sera livrée en fin d’ouvrage. Ce serait trop facile !

 

Dès l’entrée en matière, le lecteur ne comprend pas trop le statut de cet ouvrage, notamment par le flou qui règne sur le narrateur. Femme trentenaire, oui, mais parfois présentée comme « elle » ou « la femme », parfois introduite par un « je ». Mélange entre autobiographie et fiction qui permet à cet exercice de ne pas constituer un simple témoignage, mais de tenter une réflexion plus approfondie sur les relations masculines et féminines, et sur ce qui fixe les codes de chaque groupe.

 

Agacée de la prévenance de ses amies qui tentent de la protéger, elle décide de se tourner vers des groupes masculins, des hommes qui n’hésitent pas à parler de politique, à refaire le monde autour de liqueurs ou autres breuvages, quand les dames discutent chiffons, font attention à leur ligne et à ce qu’elles boivent, et se séparent sagement à minuit. Plus généralement, elle préfère les discussions générales et sans tabous des hommes aux réflexions intimes et psychologiques des femmes. Femme dans un monde d’hommes, elle ne s’impose pas, mais tente d’apprendre les codes, même si elle sent qu’elle est toujours renvoyée à son statut féminin. Pour ses amies, en revanche, elle devient une sorte d’ovni, qui s’éloigne d’elles.

 

La seconde partie du livre s’attarde sur la notion de couple, et sur la confrontation des sexes au sein de celui-ci. Plutôt que de renverser les références sexuées du couple (l’homme à la cuisine, la femme devant la télé), elle a pour objectif de brouiller les repères sexués, de faire en sorte que cette séparation des tâches soit abolie. Le couple est pour elle le moyen d’exprimer dans l’intimité ce que qu’on doit cacher en public. Un couple ouvert, où chacun apprend de l’autre.

 

Petit livre intéressant pour réfléchir aux relations entre hommes et femmes, mais qui n’échappe pas complètement aux clichés qu’il prétend dénoncer (car dans ce cas, je suis plutôt une fille. Pas sur tous les aspects, mais en tous cas, je ne suis pas un garçon tel qu’elle les décrit). Ouvrage non dénué d’intérêt donc sur la prise de conscience d’une femme qu’il est nécessaire de se détacher des images toutes faites, et sur son parcours pour atteindre la virilité et incarner une nouvelle forme de féminité, qui d’une expérience forcément restreinte géographiquement et temporellement tente une analyse plus générale.

 

Boys, boys, boys, de Joy Sorman

Ed. Folio

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commentaires

In Cold Blog 05/05/2009 10:46

Si j'en crois ce que je connais de l'auteur à travers ses interventionsà l'émission Ca balance à Paris, la place des femmes dans la société est une question qui tient très coeur à Joy Sorman. Si le sujet est intéressant en soi, je ne suis pas certain que ce livre arriverait à me captiver totalement..

Yohan 05/05/2009 22:37


Pour connaitre Joy Sorman via ses chroniques sur France Inter dans ekklektik de Rebecca Manzoni (actiuellement Laurence Garcia) certains samedi matin, je me doutais de la tonalité de
l'ouvrage. Surtout qu'elle me l'avais confirmé de visu lors du Salon du livre ;-) Il ne m'a pas totalement captivé, mais incite à la discussion.


Emmyne 05/05/2009 10:37

Un livre qui te fait croire que tu es une fille ?????? Prends Ellroy, ça va passer !

Yohan 05/05/2009 22:35


Oui, enfin, c'est un trait d'humour ;-)))
Pour Ellroy, je vais attendre un peu...