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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 07:04

Le Studio-théâtre d’Asnières, dont j’ai déjà parlé ici ou , est un centre de formation pour comédiens. Tout au long de l’année, ils présentent des pièces du répertoire classique ou contemporain, et c’est à chaque fois l’occasion de découvrir de jeunes acteurs se frotter à ces textes. Et le plus souvent, la mise en scène permet d’apporter un éclairage intéressant sur ces pièces.


Dernière production : ces deux pièces de Molière. Loin du répertoire habituel de Jean-Baptiste Poquelin, Jean-Louis Martin-Barbaz a décidé de mettre en scène ces deux courtes œuvres. Ce ne sont pas des chefs d’œuvre de Molière, mais permettent d’aborder deux aspects de l’œuvre du dramaturge souvent méconnus.


Avec Le dépit amoureux, le spectateur se trouve pris dans un marivaudage avant l’heure. D’autres pièces de Molière mettent en évidence les difficultés d’un homme à épouser une dame, pour cause d’incompatibilités familiales, de rivalités, etc. L’aspect neuf dans cette pièce est le rôle important des femmes, avec un caractère affirmé. Souvent effacées chez Molière (que ce soit dans Dom Juan, mais aussi dans L’école des femmes ou d’autres), elles ne se laissent pas marcher sur les pieds, et offrent ainsi de répondant aux personnages masculins tournés en dérision à cause de leur naïveté. Toutes les femmes ont un rôle affirmé, que ce soit Marinette, la servante, ou sa maîtresse Lucile. On ne retrouve pas ici l’opposition servante / maîtresse, l’une rusée, l’autre manipulée et fade, comme dans Le malade imaginaire.


La jalousie du Barbouillé est une farce. L’intrigue est comique : un homme, démesurément jaloux, cherche à prendre conseil auprès d’un médecin pour savoir quelle position adopter. Mais le pauvre barbouillé, saoûl du matin au soir, est mené par le bout du nez. Courte pièce jouée sur un rythme effréné, elle met en scène un des personnages préférés de Molière, le médecin, ici totalement imbu de sa personne et qui cherche des étymologies scabreuses à tous les mots qu’il entend (pour lui, le mot bonnet vient du latin Bonum est, ce qui est bon, « car il protège des cathares et des fluxions »).

 

Deux pièces mineures de Molière, il faut l’avouer, mais une mise en scène tout à fait réjouissante. Tous les acteurs sont emplis d’une énergie folle, occupent très bien le plateau au milieu duquel trône une boîte qui leur permet des jeux scéniques tout à fait intéressants. Tous les acteurs sont bons, bien campés dans leur rôle, n’hésitant pas à en faire beaucoup, sans tomber dans le ridicule. Je retiens particulièrement Sol Espèche, espiègle Marinette et rusée Angélique, et Jonathan Salmon, bondissant Gros René et lubrique Valère. Mais tous les acteurs méritent vraiment d’être vus.

 

Autre bonne idée, l’introduction de musique avec deux saxophones et une flûte traversière, ce qui apporte une note un peu plus légère, et permet d’occuper l’entracte entre les deux pièces. Et comme ils ont choisi de reprendre musicalement un morceau de la Tordue, je ne pouvais qu’être ravi. La pièce se joue encore ce samedi soir et dimanche, donc si vous étés dans le coin, allez faire un tour, cela vous donnera une image nouvelle de Molière !

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