Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 07:26

Une jeune fille de quinze ans reçoit d’une personne sur le point de mourir son dernier bisou. Une bulle. Un bisou de poisson rouge. Ce bisou lui permettra de surmonter la perte de cet être dont on devine qu’il lui est cher. Petit retour en arrière pour savoir qui est cette personne, et comment la situation en est arrivée là.

 

Une jeune fille de quinze apprend un jour, en rentrant de l’école, qu’un examen médical a donné un résultat à six lettres pour sa maman. Après un moment d’incompréhension et de colère, on suit la vie de cette collégienne avec un père et une sœur qui tentent d’apporter du réconfort à cette personne aimée qui vit avec eux. Le quotidien est bouleversé par cet événement, la dégradation de l’état physique de cette femme entourée se dégrade peu à peu, inexorablement.

 

La narratrice a quinze ans, elle vit comme une adolescente du début des années 90 avec les chansons d’Higelin, Téléphone, Noir Désir, mais elle doit « porter sa maman », comme elle dit, position qu’elle estime ne pas devoir revenir à une fille de son âge. Les occasions de s’enthousiasmer deviennent rares, et un pique-nique dans la chambre devient une cérémonie inoubliable pour elle. Elle tente d’oublier ce mal rampant, elle essaie de croire qu’une guérison reste possible. Mais rien n’y fait, et le lecteur sait déjà comment tout cela se terminera.

 

Dans ce court récit, aux paragraphes ramassés, Cécile Rossart raconte comment une enfant de quinze peut vivre un événement comme la maladie d’une mère. Jamais larmoyant, alternant passages tristement réalistes et épisodes plus joyeux, le roman est au plus proche des sentiments et des sensations de cette adolescente.

 

Dans la préface, Marie Desplechin laisse entendre que ce récit est celui de Cécile Rossart, qui avait été touché par son livre La vie sauve. Un peu comme Mathias Malzieu l’a fait dans Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, Cécile Rossart tente d’exorciser sa douleur en le mettant par écrit. Néanmoins, les traitements sont différents, l’auteur accordant ici beaucoup de place à ce qui a précédé le départ de sa maman, quand Mathias Malzieu narre ce qui a suivi le décès.

 

Un ouvrage intime, touchant, servi par une écriture sobre et poétique. Un beau roman, servi par le joli travail de la maison d’édition Diabase, qui y a inséré les dessins de Bonnie Colin.  

 

Un bisou de poisson rouge, de Cécile Rossard

Ed. Diabase

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Cécile Rossard 10/05/2009 21:21

Bonjour, Juste, un merci pour ce retour.Comme le dit Marie (Desplechin), cette histoire est bien mon histoire, et cette hitoire d'écriture, s'est effectivement accompagnée de belles rencontres. Quand à la douleur et aux souvenirs, les livres ne suffisent pas. Eux aussi, accompagnent... permettent peut-être d'ouvrir d'autres fenêtres.Bonne lecture, Cécile

Yohan 12/05/2009 14:17


Mais de rien, car ce fut un moment assez intense de plonger dans ce court roman. Et merci de votre visite par ici.


Karine :) 13/04/2009 13:44

Ca semble très émouvant mais je sais d'avance que ce n'est pas pour moi... Même à mon grand âge, ça risque de me faire complètement paniquer!!!

Yohan 15/04/2009 19:35


Oui, c'est touchant comme petit ouvrage. Après, il faut etre prévenu de ce qu'on va y trouver, pour éviter les mauvaises surprises.