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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 09:12

L’Irlande des années 1915-1916 est une nation en proie aux divergences entre partisans de l’indépendance et unionistes, qui veulent un contrôle de la part des britanniques. A Dublin, on retrouve ces tensions au sein d’un immeuble occupé par des habitants partagés sur ces questions. Bessy Burgess soutient les britanniques, alors que son voisin du dessous, Jack, est un des meneurs du mouvement indépendantiste, au grand désespoir de Nora, sa compagne. L’oncle se prend pour un général, qui exècre le punk, qu’il qualifie de « jeune coucou », car ce dernier ne cesse de l’asticoter. On croise également une prostituée, un barman, une jeune fille malade et sa mère Mme Gogan, un ami très porté sur la boisson, Fluther et quelques militaires.

 

La charrue et les étoiles sont les emblèmes du mouvement indépendantiste irlandais. Sean O’Casey signe une pièce politique, qui n'est pas une pièce engagée. Politique, car il utilise un événement important de l’histoire irlandaise (le soulèvement sanglant de Pâques 1916). Non engagé, car il ne choisit pas son camp, si ce n’est celui de la dénonciation des faits de guerre (ce qui est déjà, je vous l’accorde, un engagement).

 

Dans cet immeuble, on trouve donc toutes les sensibilités politiques : l’engagé, le neutre, les profiteurs, les laissés pour compte, les opposés à la guerre qui ne jurent que par l‘émancipation des travailleurs et du prolétariat, mais qui se perdent dans l’abstraction de leur logorrhée. Cette diversité permet la confrontation des points de vue, et l’auteur ne tranche jamais pour dire qui a raison d’agir comme il le fait. Il met en avant les conséquences néfastes de cette agitation : les morts, une fausse couche, le pillage,…

 

Le metteur en scène a décidé d’actualiser la pièce en la faisant se dérouler dans les années 80, comme l’attestent tous les objets dérobés lors des pillages. J’avoue ne pas trop avoir compris ce choix, qu’Irène Bonnaud justifie en expliquant qu’elle veut montrer l’universalité et l’actualité de cette pièce dans d’autres endroits de la planète (Sarajevo,…). Je comprends l’intention, mais pas sa mise en œuvre. De même, la présence de télévisions sur le côté de la scène ne m’a pas convaincu. En revanche, j’ai beaucoup apprécié le plateau tournant utilisé. Alors que, parfois, un outil comme celui-ci n’est qu’un gadget, Irène Bonnaud parvient à en saisir toutes les potentialités. J’ai également beaucoup aimé les entractes entre deux actes,  qui donnent lieu à des chansons surprenantes et des changements de décors visibles par le spectateur.

 

Pour les personnages, je salue l’énergie de Martine Schambacher, qui incarne Bessie Burgess. Bessie est la seule à être pour un contrôle britannique, et l’actrice donne à ce personnage une fureur, une démence impressionnante. Les autres acteurs tiennent bien leur rôle également, avec une distribution au final assez homogène.


La charrue et les étoiles est un spectacle intéressant, qui ne m’a pas transcendé mais m’a permis d’aborder une époque de l’histoire irlandaise, dans laquelle j’ai toujours eu des difficultés à m’y retrouver. Et la pièce implique une réflexion sur son propre engagement, ses conséquences et les voies qu’il peut prendre. Ce qui n’est jamais totalement inutile…

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commentaires

Flo 23/03/2009 10:01

Ca, c'est bien dit ;-)

Yohan 25/03/2009 22:07


Oui, sauf que la référence m'avait échappé !!! Quelle petite mémoire !


julie 22/03/2009 23:55

Je ne savais pas trop quoi penser de cette pièce en en sortant, mais ce que tu en dis Yohan ne me paraît pas du tout...rédhibitoire!

Yohan 25/03/2009 21:48


Heureusement que Florence m'a expliqué ton commentaire, sinon je crois que j'aurai mis longtemps avant de saisir le connotation de ce "rédhibitoire". Mais dois-je en déduire que ton avis n'est pas
encore totalement fait ?