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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 10:11

Jörg est un ancien membre de la Fraction Armée Rouge. Après vingt ans en prison, il est gracié par le Président de la République allemande. A l’occasion de sa libération, sa sœur Christiane décide d’organiser un week-end dans la maison qu’elle habite avec Margarethe. Ce week-end réunit d’anciens amis de Jörg, et certains ne l’ont pas vu depuis son passage dans la clandestinité. Ce week-end est donc l’occasion pour chacun de solder les secrets de cette période trouble…

 

Dans ce roman, Bernhard Schlink, auteur du roman à succès Le liseur, revient sur une période sombre de la vie politique allemande, celle du terrorisme mené par la Rote Arme Fraktion, qui avait à sa tête Andreas Baader. Mais, plutôt qu’une grande fresque historique sur l’évolution du mouvement, l’auteur décide d’aborder tous les mystères entourant cette période à travers le prisme du regard rétrospectif. Ainsi, on ne saura jamais précisément ce qui est reproché à Jörg. On se doute, à travers les discussions qu’il a avec ses anciens amis, qu’il a participé à l’assassinat d’un grand patron, mais sans description précise de son parcours. Le seul retour sur le passé se fait par le roman que tente d’écrire Ilse, qui souhaite raconter l’histoire de son ami Jan, mort en France après avoir pris la fuite.


Ce week-end est également l’occasion de régler tous les différents restés en suspens : qui a vendu Jörg à la police, alors que peu de personnes connaissaient l’endroit où il se cachait ? Pourquoi les anciens amis ont-ils pris des chemins si différents, comme Ulrich qui a monté un laboratoire de prothèses dentaires ? Et que cherche Marko, jeune homme qui voit Jörg comme un modèle ?

 

Ce roman pose beaucoup de questions, sans vraiment en résoudre. Pourquoi passe-t-on du coté de la violence pour un combat idéologique ? Comment réagissent les proches face aux volontés autodestructrices de celui qui se lance dans cette lutte ?

 

J’ai apprécié ce roman, qui fait un choix de narration très clair, en se limitant temporellement au seul week-end. Choix de narration qui implique une approche très différente de celle de la saga ou du roman d’action avec suspense à la clé. Et Bernhardt Schlink s’en tire plutôt bien dans cet exercice assez difficile, dans lequel il offre des moments de respiration entre des scènes difficiles pour les protagonistes, qui les fait plonger dans leur passé, avec leurs erreurs ou leurs renoncements. Rien de manichéen, mais une approche nuancée d’une époque où les choix étaient parfois radicaux.

Ce roman m'a fait penser au film de Lucas Belvaux, deuxième opus de sa merveilleuse trilogie, Cavale, qui met en scène un terroriste qui sort de prison et décide que le combat n'est pas fini. Jörg et Bruno, le personnage incarné par Lucas Belvaux, ont des comportements différents, mais les questionnements sont proches.

Je remercie Babelio, puisque j’ai reçu ce roman dans le cadre de l’opération Masse Critique.

 

Les avis de Katell, Mustango, Sybilline

 

Le week-end, de Bernhard Schlink

Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary

Ed. Gallimard

 

 

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commentaires

chiffonnette 06/02/2009 21:35

J'ai aimé Le liseur mais n'ai pas eu l'occasion de lire d'autres romans de sa plume. Ce sera peut-être l'occasion!

Yohan 08/02/2009 13:15


Je pense que c'est une bonne occasion de renouer avec cet auteur !!!


Karine :) 06/02/2009 16:54

Ce thème et cette approche m'apparaissent très intéressants... je tenterai volontiers ma chance avec un autre Schlink!

Yohan 08/02/2009 13:12



C'est mon premier Schlink, et j'ai déjà tellement de bien du Liseur que cela donne envie de s'y plonger...