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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 09:39

Dans la série « L’Inde vu par les cinéastes occidentaux », voici le second volet : avant Slumdog Millionaire de Danny Boyle, Wes Anderson avait lui aussi installé l’action de son dernier film en Inde. Film vu récemment alors qu’il est sorti il y a un bon moment maintenant, mais que j’avais raté trois fois (retard, grève de trains ou salle comble). Une sorte de malédiction !

 

Les frères Whitman ne se sont pas parlés depuis un an. La dernière fois, c’était aux funérailles de leur père, que leur mère avait d’ailleurs volontairement ratées. Francis a donc décidé de rassembler ses deux frères, Peter et Jack, pour un voyage à bord du train le Darjeeling Limited. Mais ce qui devait être des retrouvailles fraternelles tourne vite au règlement de comptes, et le voyage prend des tournures inattendues.

 

Bon, pour la comparaison avec Slumdog Millionaire, je ne vais faire long car le cadre est totalement différent. Ici, nous sommes en compagnie d’occidentaux qui découvrent l’Inde. Pas comme touristes, mais parce qu’il y a pour une nécessité pour eux à traverser ce pays. Mais cela n’empêche pas Wes Anderson de montrer les habitants du pays, notamment à travers le village dans lequel débarquent par accident les trois frères.

 

Comme souvent, l’aspect comique est primordial chez Anderson. La scène d’ouverture du film donne d’ailleurs le ton, puisqu’on voit Bill Murray exaspéré dans un taxi, puis courant comme un dératé après un train qu’il n’aura pas. Alors que Peter (Adrien Brody) plus jeune et plus leste, parvient à le dépasser et à sauter in extremis sur le marche pied. Ensuite, c’est une galerie de personnages loufoques : Francis (Owen Wilson), victime d’un accident de moto, porte constamment des bandages sur la tête. Le principal trait de caractère de Francis : sa propension à décider pour ses frères, ce qui exaspère Peter, le futur père qui a des difficultés à assumer son nouveau statut. Jack (Jason Schwartzman) est le plus placide, quelque peu hypocondriaque comme ses frères, mais plus détaché. Sa situation sentimentale, exposée dans un court-métrage qui précède le film, est vacillante, mais il espère recoller les morceaux. Ce qui ne l’empêche pas de butiner pour faire passer son désespoir.

 

Mais ce qui me plaît particulièrement chez Wes Anderson, c’est le mélange des émotions, entre comédie et tragédie. Mélange qu’on retrouvait déjà dans La famille Tennenbaum, avec Gene Hackman en père d’une famille loufoque, malade et cloué au lit. Dans A bord du Darjeeing Limited, le deuil est présent à deux reprises. Il y a tout d’abord le deuil qui frappe les trois fils, qui est la raison pour laquelle ils ont initié ce voyage. Mais il y a également la mort accidentelle de ce jeune indien, que Peter ne parviendra pas à sauver de la noyade. Cette mort donne lieu à une très belle séquence représentant un rite funéraire indien, les participants habillés de blancs, avec incinération au bord du fleuve.

 

Cet aller-retour permanent entre les émotions est pour moi la grande réussite de ce film, servi par de très bons acteurs (ceux déjà mentionnés, mais aussi Anjelica Huston), qui incarnent subtilement leurs personnages totalement loufoques. Après La vie aquatique, qui ne m’avait pas laissé un grand souvenir, ce dernier film de Wes Anderson est une belle réussite !

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