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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 07:19

Eh bien voilà une belle surprise de fin d’année (oui, je l’ai vu l’année dernière !). Dans ce film tout à fait original, Agnès Varda revient sur les plages qui ont rythmé sa vie d’enfant, de femme, de photographe, de cinéaste, de plasticienne et d’amante. Des plages belges à San Francisco, en passant par Noirmoutier ou La Pointe Courte à Sète, la réalisatrice retrace ses 80 ans, avec émotion et une envie de partager les moments qui l’ont troublée. Son amour avec Jacques Demy, ses festivals d’Avignon, ses films : elle se raconte dans cette autobiographie filmée déroutante et touchante.

 

Pour tout avouer, je ne connais strictement rien au cinéma d’Agnès Varda. Je connais un peu plus celui de Jacques Demy (Peau d’Ane, Les demoiselles de Rochefort, Lola ou les Parapluies de Cherbourg), mais je suis vraiment allé voir ce film sur les conseils enthousiastes lus ou entendus un peu partout. Et je ne regrette pas un seconde.


Agnès Varda retrace sa vie, sans nostalgie aucune. Dans une magnifique séquence, elle rend hommage aux grands acteurs qu’elle a côtoyés, mais ne s’apitoie pas sur ces amis disparus. Les roses déposées aux pieds de Philippe Noiret, Gérard Philippe, Charles Denner, Jean Vilar ou Maria Casarès (quelle affiche !) rappellent cette merveilleuse aventure du festival d’Avignon à ses débuts, dont elle fut la première photographe. Mais elle ne regrette pas le temps passé, et se tourne résolument vers l’avenir. Ainsi, lorsqu’elle retourne dans sa maison d’enfance à Bruxelles, elle ne reconnaît pas les lieux mais n’en éprouve aucun chagrin. Elle questionne même les propriétaires actuels sur leurs loisirs, alors qu’on pourrait penser qu’elle chercherait à connaître ce qu’est devenue la maison où elle a grandi.

 

Tournée vers l’avenir, Agnès Varda l’est totalement. Elle essaie des choses nouvelles, tente des expériences artistiques (très jolis plans au début du film avec les jeux de miroir). Elle en vient même à se déguiser en pomme de terre pour promouvoir une de ses installations à la biennale de Venise. Jamais rassasiée, elle est toujours en quête de nouveauté. Et si le film plonge dans son passé, la nouveauté y est constamment présente : par les plans, par le montage entre séquences actuelles et images d’archives, de ses films ou de ceux des autres, par la mise en scène inventive, comme cette arrivée en voile latine sur la Seine ou cette plage installée rue Daguerre en plein Paris.

 

Il n’y a rien à toucher à ce film : c’est une magnifique œuvre rétrospective, avec une lucidité hallucinante. On y ressent tout son amour pour la création artistique, pour les êtres qui lui sont chers, Jacques Demy, ses enfants et petits enfants. Et il y a également des surprises : au générique, on ne trouve rien de moins qu’Harrison Ford et Jim Morrison (sans compter Michel Piccoli, Catherine Deneuve, et ceux déjà cités…).

 

Vraiment un film enchanteur, qui berce, fait entrer dans le monde de cette petite dame à la coupe au bol, qui nous emmène littéralement chez elle. La surprise de cette fin d’année (ou début, si vous y tenez) !

 

Les avis tous enthousiastes de Laetitia, Pascale, Cathe, Kilucru, Aifelle,…

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commentaires

cathe 17/01/2009 11:33

Ah oui, ce film est véritablement enchanteur !!!! Et n'hésite pas à découvrir les films de Varda, ils sont toujours étonnants :-) (bon je garde quand même une préférence pour ceux de Jacques Demy....)

Yohan 17/01/2009 14:38


J'ai bien l'intention depuis avoir vu ce film de découvrir les films de Varda. Il faut maintenant que je trouve le temps de les visionner !!!


Magda 10/01/2009 15:11

Tu verras, Jacquot de Nantes est une merveille pure !

Yohan 10/01/2009 18:33


Je te ferai part de mes impressions lorsque je l'aurai vu !


Magda 08/01/2009 19:24

Bonjour Yohan je ne connaissais pas ton blog, mais je le découvre avec plaisir : nous partageons la même passion pour... les livres et le cinéma. Habitant depuis peu à Berlin, les films français me sont moins accessibles et je devrais patienter avant de voir ce dernier Varda qui me tente beaucoup... un exercice finalement proche de son "Jacquot de Nantes" sublime, n'est-ce pas? L'as-tu vu?

Yohan 10/01/2009 13:23


Bonjour Magda, et merci de ton passage (je connais un peu ton blog, y passant de temps à autre). En habitant Berlin, il est certain que nous n'aurons pas forcément l'occasion de voir les memes
films, mais si le film de Varda passe, n'hésite pas une seconde ! Je n'ai pas vu Jacquot de Nantes, mais je vais essayer de combler ce trou !


Laëtitia 08/01/2009 09:40

Ah ! Je ne sais pas ce qui nous arrive mais j'ai l'impression qu'en 2009 on va être plus souvent d'accord ! rires. Vu "les glaneurs et la glaneuse" hier soir, très chouette documentaire (quoique pas seulement) c'est dans celui-ci qu'elle "attrape" les camions... j'adore !

Yohan 10/01/2009 13:21


2009, année de la réconciliation ?!? Il faudrait que je découvre le cinmé de Varda un peu plus, mais je ne désespère pas ! Et cette autobiographie m'en a vraiment donné envie, donc quand l'occasion
se présentera...