Eh bien voilà une belle surprise de fin d’année (oui, je l’ai vu l’année dernière !). Dans ce film tout à fait original, Agnès Varda revient sur les plages qui ont rythmé sa vie d’enfant, de femme, de photographe, de cinéaste, de plasticienne et d’amante. Des plages belges à San Francisco, en passant par Noirmoutier ou La Pointe Courte à Sète, la réalisatrice retrace ses 80 ans, avec émotion et une envie de partager les moments qui l’ont troublées. Son amour avec Jacques Demy, ses festivals d’Avignon, ses films, elle se raconte dans cette autobiographie filmée déroutante et touchante.
Pour tout avouer, je ne connais strictement rien au cinéma d’Agnès Varda. Je connais un peu plus celui de
Jacques Demy (Peau d’Ane, Les demoiselles de Rochefort, Lola ou les Parapluies de Cherbourg), mais je suis vraiment allé voir ce film sur les conseils enthousiastes lus ou entendus un peu
partout. Et je ne regrette pas un seconde.
Agnès Varda retrace sa vie, sans nostalgie aucune. Dans une magnifique séquence, elle rend hommage aux grands
acteurs qu’elle a côtoyés, mais ne s’apitoie pas sur ces amis disparus. Les roses déposées aux pieds de Philippe Noiret, Gérard Philippe, Charles Denner, Jean Vilar ou Maria Casarès (quelle
affiche !) rappellent cette merveilleuse aventure du festival d’Avignon à ses débuts, dont elle fut la première photographe. Mais elle ne regrette pas le temps passé, et se tourne résolument
vers l’avenir. Ainsi, lorsqu’elle retourne dans sa maison d’enfance à Bruxelles, elle ne reconnaît pas les lieux mais n’en éprouve aucun chagrin. Elle questionne même les propriétaires actuels
sur leurs loisirs, alors qu’on pourrait penser qu’elle chercherait à connaître ce qu’est devenue la maison où elle a grandi.
Tournée vers l’avenir, Agnès Varda l’est totalement. Elle essaie des choses nouvelles, tente des expériences artistiques (très jolis plans au début du film avec les jeux de miroir). Elle en vient même à se déguiser en pomme de terre pour promouvoir une de ses installations à la biennale de Venise. Jamais rassasiée, elle est toujours en quête de nouveauté. Et si le film plonge dans son passé, la nouveauté y est constamment présente : par les plans, par le montage entre séquences actuelles et images d’archives, de ses films ou de ceux des autres, par la mise en scène inventive, comme cette arrivée en voile latine sur la Seine ou cette plage installée rue Daguerre en plein Paris.
Il n’y a rien à toucher à ce film : c’est une magnifique œuvre rétrospective, avec une lucidité hallucinante. On y ressent tout son amour pour la création artistique, pour les êtres qui lui sont chers, Jacques Demy, ses enfants et petits enfants. Et il y a également des surprises : au générique, on ne trouve rien de moins qu’Harrison Ford et Jim Morrison (sans compter Michel Piccoli, Catherine Deneuve, et ceux déjà cités…).
Vraiment un film enchanteur, qui berce, fait entrer dans le monde de cette petite dame à la coupe au bol, qui nous emmène littéralement chez elle. La surprise de cette fin d’année (ou début, si vous y tenez) !
Les avis tous enthousiastes de Laetitia, Pascale, Cathe, Kilucru, Aifelle,…
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