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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 07:42

Un village algérien, avec sa poussière, ses défilés de voitures lors des mariages, ses relations de voisinage et ragots de rigueur. Mounir est un jeune homme pour qui la vie tourne plutôt bien : employé par l'homme riche du village, le colonel, il vit avec sa femme et son fils. Mais tout ne va pas comme il le souhaite : sa soeur, Rym, vit avec eux, car elle n'est toujours pas mariée. De plus, elle a une fâcheuse tendance à s'endormir n'importe où, ce qui fait de Mounir la risée du village. Il décide donc de trouver un riche occidental pour marier sa soeur. Mais, faute de candidats, il lance un mensonge dans lequel il va se prendre les pieds, au point de ne plus maîtriser la situation.

Dans cette histoire de famille et de village, on fait la rencontre de personnages haut en couleurs. Le premier d'entre eux est Mounir, homme lâche et souvent naïf, qui essaie désespérement de se faire passer pour ce qu'il n'est pas. Simple jardinier, il se présente comme "ingénieur horticole", ce qui ne fait qu'accentuer la moquerie des autres mâles du village. Hormis l'ami le plus proche de Mounir et son fils, tous les hommes du film sont d'ailleurs assez antipathiques : caïds des bacs à sables, escrocs, moqueurs, ils ne jurent que par l'apparence et par l'image qui est véhiculée par leur famille.

Côté féminin, Rym est une jeune fille étouffée par son frère, qui lutte contre son irrépressible envie de dormir et pour vivre au grand jour l'amour qui la dévore. Elle ruse, elle se rebelle pour montrer à son frère que la voie qu'il a choisi n'est pas la bonne, et est aidée en cela par sa belle-soeur. Elle en profite d'ailleurs pour en ajouter une couche : lorsqu'elle peut mettre fin au quiproquo sur son futur mari fortuné, elle décide de pousser la plaisanterie au bout, ce qui met son frère dans un terrible embarras.
 
Mascarades est le premier film de Lyes Salem, qui incarne également le personnage principal du flm, Mounir. C'est un film loufoque, parfois burlesque, très rythmé, qui montre toutes les facettes, positives comme négatives de la vie de village. Tout le monde sait tout sur tout, tout le monde veut tout savoir. Et de paria, Mounir va devenir la star du village, recevant des cadeaux de la part de chacun des habitants qui espère tirer une contrepartie du mariage annoncé. C'est aussi une charge contre ce milieu masculiin, très imbu de lui-même. Ici, ce sont les femmes qui mènent le jeu, ainsi que le seul garçon qui ne véhicule pas les canons de la virilité (il souhaite ouvrir un vidéo-club, avec des affiches géantes de Bruce Willis !).

On sent dans l'intrigue ainsi que dans la façon de montrer les événements une influence de Kusturica, en particulier celui de Chat noir, chat blanc. On y retouve le mariage traditionnel chez Kusturica, mais aussi les caïds qui n'en sont pas, la pointe de loufoquerie avec la maladie de Rym. Lyes Salem n'atteint pas les sommets de Kusturica, mais c'est un très bon chemin qu'il trace dans ce premier film, avec lequel j'ai passé un agréable moment. Et la chaleur algérienne fait du bien en ces temps de froideur hivernale !

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