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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 07:34

 

Je passe après la meute bloguesque qui a déjà beaucoup parlé de ce livre, et mon avis ira dans le sens majoritaire des billets évoquant ce recueil de nouvelles.

  

Au  fil des quatorze nouvelles du recueil, Georges Flipo fait voyager le lecteur : en Argentine, en Inde, dans le désert… Dans toutes les nouvelles, on vit le déracinement, la découverte d’un ailleurs, qui est un parfois un ici pour le lecteur. Ainsi, la nouvelle qui donne son nom au recueil narre la péripétie d’un écrivain argentin implanté en France, mais qui à défaut de vivre de son écriture, se spécialise dans la fabrication d’empanadas, spécialité de son pays d'origine. Parfois le voyage n’est qu’un rêve, et l’illusion est efficace pour ce gardien de phare qui ne peut pas quitter son lieu de travail, ou pour cette femme qui veut oublier sa maladie.

 

J’ai souvent ressenti une grande forme de mélancolie dans ces nouvelles. Les voyages vécus par les différents protagonistes ne sont jamais banals et sans histoire. Il y a les petits inconvénients du voyage accompagné, comme dans Nocturne, ou ces identités qu’inventent les danseurs de flamenco qui, le temps d’une soirée, échappent à leur condition sociale difficile. Le retour au pays, dans Les sources froides, prend également la forme du voyage pour celui qui retrouve un pays qu’il a quitté il y a longtemps. Et la découverte d’une nouvelle contrée fait découvrir ses propres limites, comme pour le joueur d’échecs de La partie des petits saints.


Les éléphants de Pattaya est significatif de cette tristesse liée aux voyages : un homme, insouciant et honnête, visite la Thaïlande et se retrouve embarqué dans une histoire pour laquelle il n’a rien demandé. Cette dénonciation du tourisme sexuel trouve parfaitement sa place dans cet ouvrage.


L’indifférent est une nouvelle qui tranche un peu avec le reste du recueil. On est ici dans un monde aux limites de l’imaginaire, où le lecteur, comme le personnage d’ailleurs, ne sait plus ce qu’il faut croire, ce qu’il faut voir. 


Le seul bémol concerne la nouvelle traitant de la corrida, Et à l’heure de notre mort. Le thème ne m’inspire pas du tout, et le traitement est un peu excessif, avec cette explosion de barbarie.


Hormis cette petite réticence (une sur quatorze), je ne peux qu’abonder dans le sens général concernant ce recueil : c’est un ouvrage cohérent, construit autour d’un thème, mais l’auteur parvient à surprendre le lecteur dans le traitement de celui-ci. On n’a ainsi jamais l’impression de relire deux fois la même chose, ce qui aurait pu être un risque pour ce type d’ouvrage. Vraiment une belle réussite !


Je remercie Fashion, et par son intermédiaire Cuné, pour le prêt. Pour les autres billets, je vous renvoie au blog de l’auteur qui a recensé tous les billets concernant cet ouvrage.

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commentaires

Daniel Fattore 17/03/2009 14:46

Je l'ai lu et commenté également: http://fattorius.over-blog.com/article-23047330.htmlA noter que l'auteur n'en est pas à son coup d'essai. Si vous appréciez ses nouvelles, il y a aussi "La Diablada", qui saura aussi vous faire voyager à l'occasion; il a paru chez le même éditeur. De saines lectures!

Yohan 17/03/2009 22:56


J'ai pas loin de moi son dernier orman, Le film est un malheur, dont je n'ai entendu que de bonnes choses. A vérifier !