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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 07:32

Voilà un ouvrage qui m’a beaucoup plu. Denis Podalydès a regroupé dans ce recueil différentes chroniques qu’il a rédigé pendant 10 ans, entre deux scènes sur un plateau de tournage à la sortie d’une répétition ou d’une représentation théâtrale,…

Petit retour rapide sur l’auteur : Denis Podalydès, acteur de théatre, à la Comédie Française en particulier, a également tourné au cinéma, soit avec son frère Bruno (Le mystère de la chambre jaune, Le parfum de la dame en noir,...), soit avec d’autres réalisateurs (La chambre des officiers, Embrassez qui vous voudrez). Il est également metteur en scène, en particulier pour Cyrano de Bergerac qui triomphe depuis quelque temps à la Comédie Française.


Venons-en à présent à cet ouvrage. A travers ces nombreuses chroniques, on ressent tout le travail du comédien, sous les aspects à la fois positifs (le succès, la gratification) et négatifs (l’attente, la répétition des spectacles). C’est la première fois que je lis ce genre d’anecdote sur des tournages ou des répétitions : l’attente interminable d’une minuscule scène, qui demande maquillage et costume, et qui finalement ne pourra pas être tournée ce jour-là et oblige le comédien à revenir. Et si elle est tournée, la concentration s’est envolée, et le tournage devient très difficile.


Il y aussi toute la vie de la Comédie-Française qui est dévoilée. L’auteur transforme les noms des différents comédiens, et le néophyte n’arrive donc pas à reconnaître les acteurs en question. Néanmoins, pour les personnes proches de la troupe, il est évident qu’ils peuvent se reconnaître. Une nouvelle fois, on rentre dans l’intimité de la vie d’une troupe d’acteur, qui occasionne comme tout travail en commun son lot de jalousies, de rancoeurs, d’amitiés. On y découvre aussi la précarité de certains comédiens, qui peuvent chaque année se faire renvoyer de la troupe. Ainsi que l’aspect arbitraire qui peut entrer en compte pour les entrées au conservatoire.

Denis Podalydès ne procède pas ici à un règlement de comptes, mais donne à voir la banalité du métier d’acteur, qui procure parfois un moment de bonheur intense, comme lorsqu’il joue La Forêt, d’Ostrovski. La banalité d’un métier où il faut jouer coûte que coûte une pièce qu’on ne trouve pas forcément très bonne, mais pour laquelle on est engagé, où on tourne en province. Bien sûr, Denis Podalydès n’est pas le plus précaire des comédiens de la Comédie-Française, loin de là, mais son témoignage est éclairant pour toute personne ayant une connaissance ou une expérience de l’activité théâtrale. Et tout cela est bien écrit, ce qui n’enlève strictement rien à la découverte de ce milieu.

Enfin, l'auteur se dévoile en partie dans ce texte : il évoque son frère, mort peu de temps après son entrée dans la vénérable maison, comme on dit. Et cette mort, cette perte est un spectre qui hante le travail de l'acteur. Ce qui permet également de ressentir la part d'intimité que chaque acteur met dans ses différentes interprétations. Vraiment un livre à découvrir !

Il vient de sortir un nouvel essai, qui a d'ailleurs reçu un prix littéraire dans cette catégorie (je ne sais plus lequel). Je ne sais pas si la forme est la même, mais je suis curieux de voir cela de plus près !

 

Scènes de la vie d'acteur, de Denis Podalydès

Ed. Le Seuil

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commentaires

Laëtitia 23/12/2008 17:03

Je me suis offert "Voix off" récemment, pas encore lu, on en reparle d'accord ?!

Yohan 23/12/2008 22:45


Aucun problème pour que nous en parlions de vive voix !!!


Sibylline 21/12/2008 12:01

"a d'ailleurs reçu un prix littéraire dans cette catégorie (je ne sais plus lequel)"
Il s'agit du Prix Femina de l’essai pour "Voix off" (Mercure de France). Mais je ne peux pas t'en dire plus. Je n'ai pas lu.

Yohan 22/12/2008 11:00


Merci pour la précision, Sibylline ;-)