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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 07:39

A Paris, aujourd’hui. Une journée habituelle dans le musée dirigé par Mr Mosk. Des touristes étrangers qui courent dans le musée, des provinciaux égarés qui veulent à tout prix voir les impressionnistes mais qui commencent par la caféteria, une classe bruyante, une exposition de braquemarts, un ministre tout habillé de rose, une installation très contemporaine et des gardiens dépressifs. Tout ce petit monde travaille ensemble, se côtoie dans cet univers polymorphe. Mais la nature semble prendre possession petit à petit du lieu.


Ce film de Jean-Michel Ribes (créateur de Palace et actuel directeur d’un des tous meilleurs théâtres de Paris, Le Rond-Point), est tiré d’une pièce du même nom, écrite par ses soins. L’aspect « homme de théâtre » se ressent d’ailleurs dans la réalisation, où les saynètes se succèdent les unes aux autres, avec quelques personnages récurrents (le directeur, la femme qui cherche les Kandinsky,…).


Malgré le scénario un peu plaqué, le réalisateur parvient à faire un film qui se tient, avec ce fil rouge qui est l’invasion de la nature, au travers des plantes, têtards et autres bouquets de fleurs. Surtout, ce qui fait la réussite de ce film, c’est la drôlerie de la majorité des scènes, bien servies par des comédiens assez souvent étonnants. Muriel Robin est une parfaite femme moderne et guindée à la recherche désespérée « des » Kandinsky, et c’est l’un des personnages les plus réussis du film. Il y a aussi ces gardiens, menés par Lucchini, qui racontent à une visiteuse la dépression qui les touche à force de voir du beau, et qui remercient donc l’exposition de mammouths.


La scène qui m’a certainement le plus fait rire est celle du transfert du tableau de Rubens représentant la crucifixion. Toile aux dimensions énormes, son transfert pose beaucoup de difficultés à l’équipe dirigée par Dominique Pinon. Tellement de problèmes, qu’un des ouvriers (Loïc Corbery) doit lâcher prise. Et les autres, tel un équipage qui assiste à un naufrage, veulent faire demi-tour pour l’aider.


Et il y a plein d’autres très bons acteurs qui apparaissent dans le film : Michel Blanc, Victoria Abril, Daniel Prévost, Yolande Moreau, François Morel et Valérie Mairesse (Le duo d’Un couple épatant recréé !). Mention également pour Philippe Khorsand, qui doit tenir là son dernier rôle. Et remerciements au réalisateur d’avoir intégré dans ce film des acteurs beaucoup plus habitués aux planches des théâtres, comme Guillaume Gallienne ou Micha Lescot, irrésistible dans la peau d’un jeune artiste étouffé par sa mère.

Bref, voilà un film au casting prestigieux, composé presque exclusivement d’acteurs ayant l’habitude du théâtre, et cela donne au film une dimension atypique et burlesque qui m’a bien plu. Ce n’est vraisemblablement pas le type d’humour qui plait à tous, mais cela m’a fait passé un agréable moment, malgré certaines scènes moins réussies (la métaphore religieuse est assez surprenante, par exemple).


A noter que certaines des scènes de la pièce qui a servi à long-métrage figuraient déjà dans le recueil Théatre sans animaux, qui a servi de base pour développer ensuite cette idée.

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commentaires

dasola 12/12/2008 22:09

Bonsoir Yohan, je lis (enfin) un billet favorable à ce film. Personnellement, je n'ai pas aimé. J'ai trouvé que ce film réunissait un "casting" impressionnant pour aboutir à pas grand chose. C'est un film crispant, très parisien et pas très sympathique.

Yohan 13/12/2008 09:46


Il y aussi Laetitia qui a apprécié ce film. Je savais vraiment à quoi m'attendre avec ce film, et je savais bien que les nobreux acteurs très connus n'auraient qu'une ou deux scènes où ils
apparaitraient. C'est un genre original, et après Palace, on sent vraiment la touche de Jean-Michel Ribes.
Sur l'aspect parisien, je ne suis pas objectif, donc je veux bien t'accorder cette impression. Sur le coté peu sympathique, je pense qu'il cherche à choquer et à faire réagir le spectateur
(comme dans le passage avec Balasko, par exemple). 


uncoindeblog 10/12/2008 11:16

C'est juste que c'est un lieu d'échanges et que chacun en profite pour donner son point de vue :)

Yohan 10/12/2008 20:06


Mais je suis très content des avis contradictoires qui s'expriment ici !!! C'est juste qu'il y en a eu pas mal ces derniers temps ! Mais n'hésite surtout pas à revenir dire que tu n'es pas d'accord
!!!


uncoindeblog 08/12/2008 16:44

Pour ma part je n'ai absolument pas aimé. Je me suis bien souvent ennuyée et attendais avec impatience la fin du film. Quelques sourires qui ne me permettent pas de dire que j'ai passé une bonne soirée. Bref, pas ma tasse de thé et je ne le conseille pas.

Yohan 09/12/2008 22:53


Je vais finir par croire que ce blog ne fait qu'attirer les avis contraires au billet ;-) Je comprends que cela puisse déplaire, mais je savais vraiment à quoi m'attendre et n'ai pas été déçu par
ce que j'ai trouvé !


Flo 07/12/2008 12:51

Ah oui, c'est vraiment ça ! C'est très théatral, cette pirouette finale. Notre prof aurait dit : c'est bien , vous avez trouvé une chute, l'impro est réussie. C'est souvent le gros problème , de trouver une chute, quand on fait une impro dans le registre absurde... (bon, je me la pète un peu, là ;-))

Yohan 09/12/2008 22:50


Mais non, tu ne te la pètes pas. Presque pas ;-)


Laëtitia 05/12/2008 10:58

Comme toi, j'ai trouvé le personnage interprêté par Muriel Robin très drôle ! Tu ne parles pas de la fin, elle t'a plu ? Moi, ce film m'a vraiment amusée hormis toute la partie "plantes" ;-)

Yohan 05/12/2008 15:16


Si tu poses la question, c'est qu'elle ne t'a pas plu (d'accord, j'ai triché, j'ai vu ton billet). Il ya une thèse, la culture contre la nature, qui sert de fil rouge. Ce n'est pas non plus ma
partie préféré, Jean-Michel Ribes fustigeant la "bien-pensance écologique" (d'accord, elle est parfois très présente) alors qu'il y a certainement des sujets plus problématiques (la scène avec le
jeune africain est d'ailleurs beaucoup plus intéressante, mais aussi beaucoup plus courte). Cette fin, c'est une pirouette pour terminer, et elle m'a laissé assez indifférent. Un peu comme un
exercice d'improvisation théâtrale dont on ne sait pas comment sortir (ça, je connais un peu ;-)