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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 09:38

En Algérie, au début 1990, un jeune garçon de 11 ans découvre le camping. Le camping de Salamane, zéro étoile, qui accueille des algériens comme lui et sa famille, et des français, notamment la famille de Kinder Bueno qui débarque avec des provisions pour plusieurs mois. La vie s’organise dans ce cadre miteux, où Butagaz, le gérant, intervient régulièrement pour remettre en état les installations électriques. Ce milieu clos suit également de loin les élections qui se tiennent au même moment, et qui n’annoncent rien de bon.

 

C’est le premier que lis d’Abdelkader Djemaï, et j’ai l’impression de ne pas avoir débuté par le bon. Ce court roman plonge le lecteur dans un univers qui peut paraître familier, celui du camping, mais qui est à des années lumières des images qu’il en a. Il est ici plongé dans un milieu de jalousies, de rivalités et de ragots entre les différents campeurs.


Au milieu de ce paysage apparaît la figure de ce jeune garçon, 11 ans, qui essaie de se faire un ami et qui découvrira l’attirance pour une jeune fille. Cela lui rappelle d’ailleurs ses entrées au hammam, lorsqu’il avait le droit de voir les femmes nues en train de prendre leur bain. Il a une forme de perte d’innocence, de passage de l’enfance à l’age adulte qui donne la tonalité globale du roman.

Mais je n’ai pas été emporté. Ce roman m’a paru trop court pour développer tous les caractères qui pourraient donner lieu à des descriptions plus fouillées, j’ai l’impression d’être resté en surface. Surtout, ce qui est vendu en quatrième de couverture, « la tension montante comme le lait sur le feu », liée aux élections, est ici simplement suggérée. Il n’y a jamais de vraie description de cette violence, seulement une crainte rarement exprimée. Un autre point qui m’a un peu dérangé est la narration, qui est le fait de l’enfant, et l’écriture m’a paru hésiter entre un style enfantin, et un autre plus recherché soit un entre-deux qui au final m'a paru bancal.

Mais si j’ai bien compris, ce roman n’est qu’une introduction a posteriori à un autre roman de Djemaï, Un été de cendres, publié plus tôt. Je pense qu’il faut maintenant prolonger avec ce roman, pour sentir la véritable dimension de ce petit ouvrage. A suivre, donc !

Les avis de Anne, Sylire, Betty, Malice (toutes plus enthousiastes que moi)

 

Camping, de Abdelkader Djemaï

Ed. Le Seuil

 

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commentaires

Ys 13/12/2008 19:26

Je ne connais pas du tout cet auteur et là bien sûr, tu ne me donnes pas envie d'en savoir plus. Mais, la famille "Kinder Bueno", c'est de toi ou c'est de l'humour (je suis un peu azimutée ce soir, excuses...)

Yohan 16/12/2008 22:45


Je sais que ce n'est pas le genre de billet qui attire. Quoiqu'on ait parfois des surprises.
Pour Kinder Bueno, le jeune garçon est surnommé ainsi par le narrateur car sa grand-mère emmène au camping des tonnes de provision, dont des Kinder Bueno, une richesse pour le narrateur.