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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 13:08

Il y a peu m’a traversé l’esprit qu’il y a parfois des pays proches géographiquement mais dont on ne connaît rien, ou presque. Et j’ai pensé, entre autres à l’Albanie. Pays très proche, coincé entre l’ex-Yougoslavie et la Grèce, en bord de mer, à l’histoire récente atypique, puisque totalement isolé et ignoré diplomatiquement. Puis j’ai découvert, en prenant un livre à la médiathèque, qu’un auteur contemporain mondialement connu, Ismail Kadaré, est albanais. Chouette, je vais donc pouvoir découvrir un peu ce pays. Et je ne suis pas déçu du voyage.

Dans cet ouvrage, il y a deux récits assez courts.

Le premier se déroule au pied de la Grande Muraille. On suit les réflexions de deux personnages, le surveillant Shung, qui comme son attribut l’indique, surveille la muraille, et le nomade Kutluk, qui rêve de la prendre d’assaut.

Le second récit s’intitule Le firman aveugle. Il narre l’histoire d’un pays où une loi est prise pour lutter contre le mauvais œil. De ce fait, tous les individus suspects de porter le mauvais œil peuvent être dénoncés par leurs voisins, et subiront des châtiments plus ou mois violents selon leur situation.

Dans ces deux nouvelles, on ressent l’influence de l’Orient. La première, bien entendu, car elle se déroule en Chine, et la seconde m’a beaucoup fait penser aux Contes des Milles et une nuit, même si Kadaré fait des références claires à la situation de son pays. Si la Grande Muraille est agréable à lire, j’ai nettement préféré le second récit. Outre l’aspect dépaysement, on sent que c’est un texte en résonance avec la situation de l’auteur : la peur de la dénonciation, l’arbitraire qui prend le pas, le totalitarisme d’un pays communiste lorsqu’il écrit le texte (1984 pour le Firman aveugle). La date d’écriture des deux récits n’est d’ailleurs pas anodine : si le second a été écrit à Tirana en 1984, en pleine période totalitaire du gouvernement communiste, le premier a été rédigé à Paris en 1993 alors que l’auteur avait obtenu l’exil. 

Voilà donc, avec ce petit ouvrage, une excellente initiation à cet auteur que je ne connaissais jusqu’ici que de nom. Et cela donne envie d’aller voir beaucoup plus loin, pour voir s'il parvient encore à mêler époque contemporaine et tradition des contes orientaux.


Merci à Sibylline d’avoir mis à l’honneur cet auteur, ce qui m’a incité à le lire (à noter que c’est au tour de Günter Grass pour les deux mois à venir)

 

La grande muraille, suivi de Le firman aveugle, d'Ismaïl Kadaré

Traduit de l'albanais par Jusuf Vrioni

Ed. Fayard

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commentaires

Sibylline 10/12/2008 00:04

Lequel, cela dépend de tes goûts et je ne les connais pas.
Si tu suis le lien que Yohan a mis ci-dessus, tu trouveras sur Lecture/Ecriture des fiches sur une 20taine de ses livres, tu peux les lire car elles ne dévoilent pas l'histoire. Elles t'aideront à faire ton choix.

Ys 09/12/2008 23:46

@Sybilline : lequel ???

Sibylline 07/12/2008 19:46

Bonsoir,
Merci à Yohan d'avoir parlé de notre auteur du mois.;-) passé et le futur !
Pour Ys, Ismaïl Kadaré a 72 ans et j'ai en effet entendu des commentaires assez négatifs sur "L'accident" qui vient de sortir. Je ne peux pas t'en dire plus, ne l'ayant pas lu moi-même. Je pense qu'il vaudrait mieux pour toi attaquer Kadaré par un autre angle. Tu devrais essayer un autre de ses romans parce que vraiment, cela en vaut la peine.

Yohan 09/12/2008 22:52


Mais de rien ! J'aime bien ce concept d'auteur du mois sur deux mois, comme chez les Chats. Cela me donne des idées de lecture, me fait découvrir des auteurs,... et c'est bien le but des blogs, non
?!?


Ys 07/12/2008 16:46

J'ai essayé récemment de lire Kadaré, grâce au livre voyageur de Levraoueg "L'accident" : ben j'ai pas réussi... J'y suis revenue plusieurs fois mais rien à faire, histoire embrouillée, ennui, je ne me souvenais plus le lendemain de ce que j'avais lu la veille...

Yohan 09/12/2008 22:51


C'est le premier ouvrage ede Kadaré que je lis, donc je ne peux pas comparer avec l'accident. Ici, la lecture de la veille revient vite en tete (j'avoue ne pas l'avoir lu pas très vite !)