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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 07:02

En ce qui concerne le théâtre, Wajdi Mouawad sait tout faire. Auteur, metteur en scène, il a décidé de passer sur les planches pour son dernier spectacle Seuls. Comme le titre l’indique, Wajdi Mouawad est seul sur scène pendant deux heures. Et la performance est assez impressionnante.

 

Harwan est un étudiant québécois, dont les parents ont fui la guerre du Liban. Harwan est sur le point de finaliser sa thèse consacrée à Robert Lepage, l’un des plus célèbres metteurs en scène canadiens.  La fin de cette thèse est liée à un rendez-vous avec Lepage, qui aura lieu à Saint-Pétersbourg. Mais Harwan n’arrive pas à se concentrer sur son travail, car son père, qui n’a jamais vraiment compris les études de son fils, est dans le coma.

 

Cette pièce est coupée en deux parties assez distinctes. La première partie présente Harwan, sa vie d’étudiant, les difficultés qu’il rencontre pour terminer sa thèse, et ses relations familiales compliquées. Seul sur scène, dans un décor assez simple de chambre d’étudiant, on découvre cet homme, qui a perdu une partie de ses racines libanaises. Liban, pays qu’il a connu enfant, dont il a des souvenirs, mais qui s’estompent.

 

Puis, il y a l’accident. Suivi de l’appel de sa sœur pour lui annoncer le coma de son père. Harwan, qui vient de s’engueuler avec lui au téléphone, décide d’aller lui rendre visité à l’hôpital, avant son départ à Saint-Pétersbourg. Cette confrontation dans la chambre d’hôpital donne lieu à un dialogue à une voix, et dans une mise en scène très dépouillée, cela donne lieu à une des scènes les plus poignantes du spectacle.

 

Puis Harwan part, quitte Québec pour rejoindre Robert Lepage. Arrivé sur place, il découvre que sa valise ne contient pas ses affaires, mais du matériel de peinture. Et là, c’est le moment fort du spectacle, celui où Harwan réalise que la situation que vit son père, c’est lui qui la vit. Et on assiste à la seconde partie du spectacle. Harwan, perturbé, qui entend la voix de ses proches mais ne peut leur répondre, se jette dans la peinture, activité qu’il affectionnait enfant. On passe donc d’une pièce de théâtre classique à une performance artistique, où Harwan peint son corps, les murs de sa chambre,….

 

J’ai beaucoup aimé le crescendo de la première partie jusqu’au retournement inattendu et bouleversant. Par la suite, si on comprend le pourquoi de cette performance (la couleur, la question de la vue, déjà évoquée dans le dialogue avec son père), elle semble un peu longue, et sert plus de défouloir à Harwan. En filigrane de cette performance picturale, il y a le tableau de Rembrandt, le retour du fils prodigue, personnage biblique auquel  Harwan s’identifie.

 

Néanmoins, si ce spectacle est une très grande performance d’acteur, avec Wajdi Mouawad sur scène pendant près de deux heures, une partie du spectacle m’a paru un peu mystérieuse, bien que touchante. Au final, un spectacle qu’on sent vital pour son auteur, qui reprend les thèmes déjà rencontré dans Forêts (l’identité, l’exil,…). La pièce s’inscrit donc à la fois en rupture avec les pièces de la trilogie (Littoral, Incendies ou Forêts), mais en continuité au niveau des sujets traités. Ses autres pièces me semblent toutefois une meilleure entrée en matière dans le travail de Mouawad.

 

L’avis des Trois coups (déçu)

 

Autre pièce de Wajdi Mouawad : Forêts 

Informations sur le site du Théâtre 71 de Malakoff

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